L’importance du jeu chez les enfants : le jeu est une question sérieuse

Déjà dans les premières semaines de sa vie, le bébé affirme avec bonheur son existence dans le monde en jouant. Il joue avec le visage et les cheveux de sa mère (et aussi en se nourrissant de lait maternel), les cliquetis du berceau et découvre, avec un étonnement magique, lui-même et son corps. Au début, il bouge les pieds, donne des coups de pied, puis, lentement, il essaie de suivre avec ses yeux les objets en mouvement et de les saisir. Une activité qui l’engage complètement sans jamais le fatiguer, comme tous les parents l’ont en tête. (LISEZ AUSSI : Jouer avec vos doigts)

“Pour les enfants, donc, le jeu est fonctionnel au développement sensoriel et moteur qui provient du plaisir d’exercer librement leurs capacités physiques encore rudimentaires au fur et à mesure de leur émergence ” (Silvia Vegetti Finzi, A piccoli passi, Mondadori).

A chaque époque, l’enfance s’est ” mesurée ” à la réalité par le jeu : un moyen indispensable pour acquérir de nouvelles compétences et entrer en contact avec le monde qui l’entoure d’une manière différente à chaque étape de sa croissance.

Mais est-ce vraiment toujours ” utile ” de jouer à ce jeu ?

Certains parents sont peut-être spontanément invités à le faire en observant l’activité libre et, apparemment, improductive et inachevée de leur enfant. Et c’est justement ce doute qui pourrait l’amener à submerger l’enfant dans ce que l’on appelle les ” jouets intelligents ” qui devraient stimuler les compétences manuelles et logiques. Mais ils ne laissent aucune place à l’imagination et à l’expérimentation libre. Pour les enfants plus âgés, par contre, le parent pourrait penser à offrir ” quelque chose de plus ” en organisant un agenda rempli de nombreux cours ” éducatifs ” (peinture, musique, anglais…).

cet égard, l’American Academy of Pedriatrics, dans ses lignes directrices à l’intention des pédiatres sur l’importance du jeu (2007), souligne la valeur du jeu libre comme allié essentiel pour la santé et le bien-être des enfants. Et il recommande que les parents, tout en surveillant la sécurité des enfants, ne deviennent pas intrusifs parce que dans le jeu spontané, l’enfant est un protagoniste actif. C’est aussi pour cette raison que les jouets simples (et non ceux qui font tout par eux-mêmes) sont beaucoup plus stimulants.

Du côté des activités périscolaires – prévient la prestigieuse Association – malgré les bonnes intentions de la famille, il n’est pas bon d’exagérer : tout cela ne garantira pas un avenir meilleur à l’enfant qui a plutôt besoin de “temps de qualité” pour jouer, seul et avec maman et papa. Avec la complicité d’un environnement aimant, des figures adultes présentes, prêtes à écouter, à partager et à agir comme un modèle et un guide positif.

Jouer ? Aide les enfants à grandir

L’American Academy of Pedriatrics rappelle également que le jeu est si important pour le développement optimal des enfants qu’il est reconnu par les Nations Unies comme un droit fondamental de chaque enfant.

Dans une étude parrainée par la Fondation Bernard van Leer (Children’s right to play, 2010), les auteurs, Wendy Russell et Stuart Lester, chercheurs à l’Université du Gloucestershire (Angleterre) affirment que le jeu appartient aux enfants. Les adultes ne doivent pas être envahissants et imposer une programmation stricte au moment du jeu. Ils ne devraient pas non plus organiser et proposer des lieux et des activités qui isolent les enfants en contrôlant le jeu.

Le jeu n’est pas un ” simple passe-temps ” car il contribue au bien-être de chaque enfant (et de chaque petit garçon), d’un point de vue physique, cognitif, social et affectif.

En fait, le jeu permet aux enfants d’exprimer leur créativité, leur imagination et de s’engager dans de nouvelles réalisations, alimentant l’estime de soi (et dépassant ainsi les angoisses et les peurs).

Aujourd’hui, donc, l’importance du jeu pour les enfants n’est pas remise en question, même les plus insouciants, n’est jamais seulement un plaisir comme une fin en soi, aide les enfants à grandir de nombreuses façons (physique, cognitive, relationnelle, sociale, émotionnelle).

Mais cette conviction, aujourd’hui répandue parmi les experts et les spécialistes de l’enfance, même si elle a des accents différents, n’a pas toujours eu le même poids et la même valeur.

Le concept de jeu et ses fonctions pour le développement de l’enfant reçoivent une signification différente en fonction du contexte historique et culturel. Et c’est vrai, depuis le XIXe siècle, lorsque l’enfant devient un ” sujet digne ” d’étude, jusqu’aux théories les plus récentes qui mettent l’accent sur différents aspects du jeu en relation avec le développement de l’enfant.

Le jeu existe depuis la nuit des temps (comme en témoignent les découvertes des fouilles archéologiques) mais l’enfant lui-même n’a pas toujours bénéficié de l’attention que nous considérons ” normale ” de leur accorder aujourd’hui. Pour cette raison, c’est seulement avec le nouvel intérêt pour l’enfance, qui s’est répandu à partir du XIXe siècle, que nous commençons à étudier la valeur du jeu pour la croissance.