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La Maison d'Allonville

Auteur : Guy de Rambaud

" D'après une généalogie manuscrite dressée au cabinet des ordres du roi, déposée aujourd'hui au cabinet des titres de la Bibliothèque royale. II y en a un double exemplaire dans le cabinet d'Hozier. "

Cette famille, d'ancienne chevalerie, originaire du pays Chartrain, où elle a possédé, de temps immémorial, jusqu'en l'an 1475, la terre et seigneurie de son nom, a joui des honneurs de la cour en la personne de trois de ses membres, dans les années 1787 et 1788, sur preuves reçues par Chérin. Elle a produit un grand panetier de France, capitaine de cent lances; un grand maître des eaux et forêts, des gouverneurs des villes de Meulan, Montlhéry, Sénonches, Chartres, Blois, Étampes, Courtray, Navarreins. Et surtout, plusieurs chambellans et gentilshommes de la chambre des rois et princes de la maison de France, du roi d'Espagne PhilippeV, et d'un duc de Savoie; plusieurs écuyers d'écurie du roi, un premier écuyer du connétable de Bourbon et un du duc d'Anjou et d'Alençon; des lieutenants et un enseigne des compagnies d'hommes d'armes des ordonnances composées de gentilshommes; un député de la noblesse aux états d'Orléans et de Blois, en 1560 et 1588; un membre de l'académie des sciences de France et de la société royale de Londres. Sans oublier, un chevalier croisé en l'an 1190; plusieurs chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, de Rhodes et de Malte, dont deux du nom de Pierre, en 1524 et 1547; quatre chevaliers de l'ordre du roi ou de Saint-Michel, avant l'établissement de celui du Saint-Esprit; et, en dernier lieu, plusieurs colonels, maréchaux de camp, chevaliers de Saint-Louis, officiers de la Légion d'Honneur et un général.
Les alliances principales de la maison d'Allonville sont avec les maisons de Gouffier, du Monceau et de Courtenay, et par celle-ci avec la maison royale de France; avec les maisons de Garlande, de Richebourg d'Orval, de Prunelé, de Chabot, de Chauvigny, de Rochechouart. de Montmorency-Laval, de la Rochette, de Beauvilliers, de Nointel, de Billy, de Baglion, et par elle avec la maison du Roure, de Wisme, de Brichanteau-Nangis, de Damas, d'Anglure, de Hurault de l'Hôpital, de Réviers (Rivers en Angleterre) et de Mesme. Elle a eu aussi des alliances avec les maisons d'Angennes, de Clermont-d'Amboise et de Clermont-Gallerande. Les plus récentes sont avec celles de Bosredon, de la Bourdonnaie, de Bartillat, de Ségur, de Compiègne, de Munich en Russie, de Mertrus-Saint-Ouen, de Thémines, et des Mazis déjà alliée avec la famille d'Allonville, vers l'an 1640.

Outre la branche d'Oisonville qui précède, la maison d'Allonville a produit deux autres branches nommées de Réclainville et de Louville.. La branche cadette, de Réclainville , qui a pour auteur Colin d'Allonville, mort avant 1483, et fils de Jean d'Allonville, a eu Guillaume d'Allonville, chevalier de Rhodes, et Jean d'Allonville, seigneur de Réclainville et d'Yerville. Les principales alliances de la branche de Réclainville sont avec les maisons de Hallot, de Reviers, comtes de Mauny (Rivers, en Angleterre).

La branche de Louville, éteinte en 1731 et 1732, et alliée aux maisons d'Illiers, de Prunelé, de Beauvilliers, de Marolles, de Préaux, de Laval-Montmorency, de Nointel, de Baglion, du Roure, de Wisme, etc., a donné naissance à Jean d'Allonville, chevalier, seigneur de Louville, conseiller et chambellan du roi Louis XI, qui lui concéda, en juin 1481, la haute justice de la terre de Louville, pour élever en honneur et dignité le nom de lui et de sa lignée, cession confirmée par Louis XII le 11 juillet 1513. II fut commissaire des maréchaux de France en 1481, et épousa Madeleine de Prunelé, parente de Miles d'Illiers, évêque de Chartres. Cette branche a encore eu Jean d'Allonville, seigneur de Louville, reçu chevalier de l'ordre du roi le 15 octobre 1570; et Charles Auguste d'Allonville, marquis de Louville, gentilhomme de la manche, ensuite chambellan et chef de la maison française du duc d'Anjou, devenu, en 1700, Philippe V, roi d'Espagne; dont le portrait, d'après Rigaud, est au musée historique de Versailles et reproduit dans le tableau de Gérard : la Déclaration de la royauté de Philippe V, par Louis XIV, en l'an 1700. II n'était encore âgé que de trente et un ans, quand Louis XIV le choisit pour accompagner en Espagne son petit-fils, qui, en outre des emplois de cour, le nomma colonel du régiment de Lombardie, et plus tard gouverneur de Courtray.

L'original appartient à M. le marquis du Roure, descendant du marquis de Louville, du côté maternel.

On trouve ce nom écrit dans les titres: d'Allonville, d'Alonville, ou de Dalonville; en latin de Alonivilla, de Allonvilla, de Dallunvilla.

Les deux branches de Réclainville et de Louville ont eu un différend pour les pleines armes, qui fut résolu, après beaucoup de débats et consultations, par sentence arbitrale du 31 mai 1507, en faveur de Jean, seigneur de Louville, chambellan de Louis XI, contre Jean seigneur de Réclainville. ( Manuscrit d'extraits du Cabinet Clairambault, sur le nom d'Allonville. ) Simon d'Allonville, seigneur d'Oisonville, y assista comme témoin.

Seigneurs de Dallonville, de Chamblay, d'Ésclimont, de Moreaulieu, de la Ronce, du Plessis Saint-Benoît, du Breau et de Basmeville, Marchezais, Marolles, des Orgereux (près Houdan), Bretonville, Ansonville, Bois Saint-Martin, Maruel, Tremblay et Cognet, Bretencourt, Basmeville, près Châtenay, Éclimont, Roé en Linois (sous Montlhéry), Ezeaux, Vertron, du Monceau, de Saint-Cyr, de Fontainebleau (en partie), Mauregard, de la Chaise, de Fuligny, d'Aclainville, Verdelot, de la Roche, de Valéry, de Launay-Renault, de Reselonge, de Louville, du Pensier et de Frouville, du Perruchay, Poussier en Dunois, de Neuvy-en-Beauce, de Levesville et de Harville.

A-Des seigneurs beaucerons , autour de l'an 1000

B-Les d'allonville d'Oysonville

C-Les d'Allonville de Louville

D-Les D'Allonville de Réclainville

E-Les d'Allonville du Plessis Saint-Benoît

F-Bibliographie et liens


A-Des seigneurs beaucerons , Autour de l'an 1000

Le nom d'Allonville est connu depuis Payen d'Allonville (1080-1129) qui fut, entre les années 1101 et 1129, témoin d'un acte d'abandon de prestations en nature, fait par Hugues, fils de Baudoin, à l'abbaye de Saint-Père de Chartres. (selon le Cartulaire de Saint-Père de Chartres, publié par M. Guérard, membre de l'Institut, tome 1, p. 680). Dallonville était une seigneurie de la commune actuelle de Bailleau l'Evêque à cinq kilomètres de la cathédrale de Chartres.

Son petit-fils, Albéric d'Allonville (1150-1212) chevalier, suivit, à la croisade de 1190, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion. On le trouve cité dans un acte daté de Saint-Jean-d'Acre du mois de septembre 1191, au nombre des seigneurs pour lesquels Jodoin de Beauvilliers, chevalier, procureur spécial dans les pays d'outre-mer, de Rénaud (de Mouçon), évêque de Chartres, se rendit garant auprès de Conrad Ususmaris et de Quilico de Goarco, à l'occasion d'un emprunt. C'est en vertu de ce titre que le nom et les armes d'Allonville figurent dans la première salle des croisades, à Versailles. Albéric d'Allonville mourut avant l'an 1212, époque à laquelle sa veuve, dame Marie, réclama, par-devant l'official de Paris, la moitié du moulin d'Illiers qui avait été vendu, sans son consentement, à Guillaume du Temple, clerc . L'original en parchemin, scellé du sceau de l'official, appartenait aux archives du comte Louis d'Allonville.

L'arrière petit-fils d'Albéric et de Marie, Etienne d'Allonville (1240-après 1319) est nommé, avec le seigneur du Puiset et l'abbé de Saint-Père de Chartres, au nombre des seigneurs qui, tenant à nu du roi au bailliage de Janville, firent sermons à Tours par Philippe le Hardi, l'an 1272, pour aller à l'ost de Foix. (anciens rôles des bans et arrière-bans, cité par La Roque). Il était encore vivant en 1319.

Il est le grand-père du damoiseau Amaury d'Allonville (1295-avant 1377) rendit hommage à l'évêque de Chartres pour sa terre, en 1315. Courcelles dans son nobiliaire le voit fait chevalier à cette date. Il est rappelé, comme mort, dans des lettres de Charles V, datées de l'an 1377, qui ordonnent le paiement d'une somme de soixante francs d'or, à Jean d'Allonville, écuyer, en récompense des services par lui rendus à l'exemple de feu Amaury, son père. ( Extrait du livre noir de l'évêché de Chartres, et manuscrit de Clairambault). Amaury était aussi le maire de Bailleau-l'Evêque. La mairie (majoratus, majoria) était à la fois l'office du maire et la terre sur laquelle le maire exerçait son office. La condition des maires s'améliora rapidement. Leurs tenures devinrent de véritables fiefs héréditaires qui les mettaient en possession de plusieurs droits judiciaires ou autres. Quant à leurs devoirs, ils étaient, en grande partie, purement féodaux; moyennant une rente, le don d'un cheval, etc., ils en étaient quittes. Dès l'année 1265, le maire de Thivars (près Chartres) était un écuyer, et celui d'Emprainville était propriétaire de la mairie, puisqu'il la vendit, en 1281, pour 120 livres chartraines, aux moines de Saint-Père. On trouve au trésor des chartes (registre CCLxili, 161) le récit curieux d'un procès suivi de combat, qui eut lieu au sujet de la possession de la mairie du Chesne, au bailliage de Chartres, entre plusieurs gentilshommes, tous parents, Pierre Le Maire, écuyer, fils naturel de Jean Le Maire, maire du Chesne, Nicolas Paris, écuyer, mari de Jeanne de La Brière, damoiselle, et Antoine d'Adonville, écuyer, seigneur d'Auvilliers (Voir le cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de Chartres, publié par M. Guérard, membre de l'Institut. Prolégomènes, S 54 et 90)

Il eut deux enfants au moins Jean et Geoffroy d'Allonville.

Jean 1er d'Allonville (1325-après le 22 juin 1405), cet écuyer, rendit hommage pour sa mairie et sa terre à l'évêque de Chartres, en 1340, et fit de nouveau le même aveu avec serment de féauté, en 1369. Il épousa en secondes noces, le 12 août 1386, Marie Giffard, veuve de Simon Le Fournier, et fille de Guillaume Giffard, écuyer, et de Jeanne de Feillet. Il meurt après le 22 juin 1405, date d'un pouvoir qu'il donne à sa femme pour lui permettre d'entrer en possession de la part lui revenant de l'héritage de Colin Giffard, son frère et avant le 7 juin 1407, lorsque Marie Giffard, comme mère de Catherine le Fournier, veuve de Jehan de Dallonville le jeune, transige avec Jehan II de Dallonville, frère aîné de ce Jehan " le jeune ". Courcelles le dit vivant en 1369 et fait commencer la généalogie de cette famille par lui. La maison d'Allonville a été maintenue dans sa noblesse le 22 janvier 1667, sur preuves, de 1370 à 1645, donc c'est à l'époque de Jean que la famille devient noble. De son premier mariage, il eut Jean d'Allonville puîné, auteur de la Branche de Louville (voir à B), qui sera rapportée ci-après, lequel épousa, aussi le 12 août 1386, Catherine Le Fournier, fille de la seconde femme de son père. La famille se divisa donc après Jean en d'Allonville d'Oysonville et d'Allonville de Louville.

Jean, le père seigneur de Dallonville (à Bailleau), comme ses ancêtres a épousé en premières noces Jehanne Chenard, fille de Philippe Chenard et Catherine de Preasles, vers 1360. Les Chenard porte : " D'azur à trois cagnards ou marmites d'or avec anses et trépieds ". Cette ancienne maison de Beauce, dont l'origine remonte à Goislin Chenard, est qualifié seigneur de Louville, en 1101 (Armorial chartrain, 1909, tome 1, page 314).

Veuf de Jehanne, Jean d'Allonville a également épousé Marie La Giffarde, fille de Seigneur Guillaume Giffard et Jehanne de Feillet, le 12 août 1386.

Son frère Geoffroy d'Allonville fut chevalier dès 1370 et seigneur d'Allonville. Son fils, Baudesson d'Allonville écuyer, est cité dans la revue de la compagnie de Waleran de Renneval, comme chevalier banneret, passé à Corbeil, le 17 septembre 1380 ( Manuscrits in-folio; provenant du cabinet de M. de Clairambault, et contenant des extraits sur le nom). Courcelles le cite lui-aussi.

B-Les d'Allonville d'Oysonville

B.1. Les d'Allonville d'Oysonville à la fin du moyen-âge

Jehan " l'aîné " d'Allonville (1360-après 1407, à Bailleau) est écuyer, seigneur d'Allonville et de Bierville, maire de Bailleau (cité, le 7 juin 1407). En 1407, Jehan est tuteur de Pierre, son neveu, fils de Jehan " le jeune " et de Catherine le Fournier. Jehan a épousé Marguerite de Gouffier, fille de Renaud de Gouffier et Olive de Languedoue, en 1398. Elle était dame de Réclainville, terre qu'elle porte en mariage, avec 22 francs or, à son mari. Elle descendait de Philippe 1er, roi de France, par les Corbeil.

Jehan et Marguerite ont eu les enfants suivants :

-Le futur chambellan Charles dit "Charlot" d'Allonville qui devient seigneur d'Oysonville (après 1398-1505), par son mariage avec Marguerite de Crosnes.
-Nicolas alias Colin d'Allonville (1405-1483) qui est à l'origine de la Branche des Réclainville (voir à D)

Le chambellan Charles dit " Charlot " d'Allonville d'Oysonville (après 1398-août 1479) a été enterré à gist en l'église de Poinville). Il était seigneur de Dallonville, de Chamblay, d'Ésclimont, de Moreaulieu, de la Ronce, du Plessis- Saint-Benoît, du Breau et de Basmeville. Il devint d'abord écuyer des écuries du Roy, puis maître d'hôtel et grand panetier de la maison du roi. Il devint Seigneur d'Oysonville du fait de sa première femme, Marguerite de Crosnes (1410-1457), petite fille d'Adam de Crones, seigneur du lieu, en 1386. Par partages, sous seing privé du 19 juillet 1451, faits avec Pierre de Dallonville, leur cousin germain, des biens de la succession de leurs pères restés indivisis, il échut à Charles et son frère Nicolas, l'hôtel et les appartements de Dallonville, les cens, rentes et champarts de Marchezais, Marolles et des Orgereux, près Houdan. Le 13 août 1454, avec Bertranne de Richebourg, sa seconde épouse, il achète à Jehan et Hutin de l'Étendard, ses cousins, le tiers du fief noble du Plessis Saint-Benoît (Authon-la-Plaine) avec les fruits de Bretonville, Ansonville, Bois-Saint-Martin et Éclimont, naguère à leur tante Marguerite de Trye du Boullay-Thierry et dont avait hérité leur oncle Jehan d'Escrones, seigneur de Châtillon-le-Roi. Dès 1457, employé au chapitre des dons et récompenses faites par le roi Charles VII. ( Clairambault). Le 29 août 1461, Charles, homme d'armes sous Monseigneur le comte de Dunois et de Longueville, a la charge et la " conduite de cent lances ". Le 23 avril 1469, par partages avec Guillaume de Languedoue et sa femme, passés par devant Michel Prévost, tabellion à Chartres, Charles et Bertranne reçoivent, pour la part de celle-ci en la succession de Marguerite d'Escrosnes, sa mère : l'hôtel et appartenances de la Rie et Chevanoille près de Montlhéry ; l'hôtel de Bretonville (Bonnelles), les terres de Bretencourt, l'hôtel du Plessis Saint-Benoît tenu de l'abbé de Saint-Benoît, la terre de Maruel, Tremblay et Cognet tenue du seigneur de Chevreuse ; la terre de Basmeville près Châtenay, et les trois parts de la terre d'Éclimont, tenue en fief du seigneur de Bleury, à cause de sa femme. Le 20 avril 1474, sentence du bailli de Chartres contre Philippe de Trie, au profit de Charles d'Allonville et de Guillaume de Languedoue, acquéreurs de Jehan d'Escrones, fils de Guyot, et de Guillaume de l'Étendart, fils de Jeanne d'Escrones, de leur moitié de la terre d'Éclimont (Saint-Symphorien), l'autre moitié leur appartenant à cause de leurs femmes, filles de Marguerite d'Escrones. Par lettres du 8 décembre 1474 données à Château-Thierry, le roi confie à Charles, son conseiller et chambellan, la " conduite de cent lances " nouvellement levées, outre le nombre ordinaire, aux gages de 20 sols par mois pour chaque lance fournie (sa famille a les collationnés authentiques des brevets de chambellan et de capitaine de cent lances, donnés par Louis XI, les 8 décembre et 19 janvier 1474). Chambellan du roi Louis XI, le 19 janvier 1475, il rendit hommage de la seigneurie de Roé en Linois, sous Montlhéry, le dernier février 1465, il donna quittance de 50 francs, le 9 mai 1476, et, par le sceau qui y est attaché, il parait qu'il portait les armes pleines de sa maison. Louis XI lui écrivit le 19 janvier 1475, en rappelant ses titres de maître d'hôtel, de chambellan et de conseiller. Le 23 décembre 1476, Guillaume de Languedoue et sa femme vendirent à Charles et son épouse la quatrième part de la terre d'Éclimont. Le 1er juin 1479, Bertranne de Richebourg, veuve, et Jehan, son fils aîné, reçoivent en foi Guillaume de Facheu, bourgeois d'Orléans, pour ce qu'il tient de leur fief et domaine de Berou On retrouve Charles comme gouverneur de Montlhéry et de Meulan, en 1479. Il est aussi à l'origine des d'Allonville d'Arnancourt.

Extrait du brevet de 100 lances fournies ou de cent hommes d'armes, donné par le roi Louis XI, à Charlot (Charles) d'Allonville, seigneur d'Oysonville, son chambellan : " Louis, etc., savoir faisons, que, pour la bonne et grande conffiance, que nous avons de notre amé et féal conseiller et chambellan Charlot d'Allonville, de son sens, vaillance, bonne conduicte et grande diligence, icelluy avons rettenu et rettenons, par ces présentes, pour nous servyr désormais au nombre et à la conduicte de cent lances fournies de nostre ordonnance, de celles, qui ont été, naguères, par nous mises, outre le nombre de nos lances ordinaires... Cy donnons mandement à nos amés et féaux les maréchaux de France, que le dict d'Oysonville, dont nous avons reçu le serment en ce cas accoutumé, ils facent souffrir, jouir et user paisiblement de notre présente rettenue, et à luy obéir et entendre de tous ceux et ainsi qu'il appartiendra, etc. Donné à Paris le dix neurviéme jour de janvier l'an de grace quatorze cent soixante et quatorze, et de notre règne le quatorzième. Par le roy. " Auvillot

Un premier collationné de ce brevet a été fait le 12 d'août 1612, à Oysonville, par Barbier, substitut juré de la châtellenie de Chalo la Royne, sur l'original en parchemin, remis à Pierre d'Allonville, seigneur de Vertron et un second collationné a été fait sur le premier, le 18 de janvier 1660, par Barré, notaire royal à Authon-Sain le -Escobille (près d'Étampes). Ce second collationné authentique est aux archives du comte Louis d'Allonville, comme aussi celui du brevet de maître d'hostel & chambellan, donné au même Charles d'Allonville par Louis XI, à Château-Thierry, le 8 décembre 1474. La lance fournie comptait six cavaliers, l'homme d'armes, chef de lance, compris.

1474 - Sentence du bailli de Chartres touchant la terre et seigneurie d'Eclimont : " Sentence donnée par Michel Michon, licencié en loix, lieutenant particulier de noble homme Guillaume de Coursillon, chevalier, seigneur de Montléan, conseiller et chambellan du Roy, bailly et capitaine de Chartres, comissaire à ce député le mercredy 20 apvril 1474, signée le Gendre, pour raison du procès mû aud. baillage entre Guillaume de Languedoue, Charles d'Allonville, escuyers, et demoiselles Bertranne et Michelle, leurs femmes, demandeurs, d'une part, et messire Philippes de Trie, chevalier, défendeur, d'autre, contenant que le samedy 21 febvrier 1466, iceux demandeurs auroyent obtenu lettres royaulx signifiées au lieu de Boissi près Meaux, domicile dudict deffendeur, à ce qu'il eust à se départir de la jouissance de la terre et seigneurie d'Eclimont, size aud. baillage, près Gallardon, en la paroisse de Saint-Symphorien, et que pour cet effect, il eust à comparoir au jour proche de la Quasimodo, par devant le bailli de Chartres, prédécesseur dudict bailli, auquel jour 6 avril 1467, les susdicts fussent comparuz par devant M. Michel Grenet, lieutenant général de noble homme feu Jehan de Rochechouart, lors bailli et capitaine de Chartres, lors prédécesseur, où le deffendeur auroit demandé vente lui être faite, et le vendredy 24 juillet, ayant encores comparu par devant led. Grenet, auroyt esté de la part des demandeurs allégué qu'à feu Guérin d'Escrosnes, escuyer, appartenoyt le fief, lieu et seigneurie du dict Esclimont juxte Jehan de la Rosière, escuyer, seigneur dudict lieu avec tous les cens et héritages qui en dépendent, que le susdit Guérin d'Escrosnes seroyt décédé et auroyt laissé deux enfants, messire Regnault d'Escrosnes, chevalier, et Ameline, mariée au seigneur de Blaru, lesquels se seroient déclarés héritiers de luy ; quedudict messire Regnault estoient issus messire Adam des Crosnes, Guyot d'Escrosnes et Jehanne d'Escrosnes, nepveux et niepce de la dite Ameline, et que du dict messire Adam d'Escrosnes estoient issus messire Adam et Pierre d'Escrosnes, chevaliers, et dame Marguerite d'Escrosnes, et du dict Guyot d'Escrosnes estoyt issu Jehan d'Escrosnes, escuyer, sr de Boyneville, seul et unique héritier de son dict père ; et de la dicte Jehanne, fille du susdit messire Regnault estoit issu Guillaume de l'Estandart, son fils, et que tous les enfans des susditz messire Adam d'Escrosnes laisné, Guyot d'Escrosnes et Jehanne d'Escrosnes estoient cousins germains et nepveux en deux degrés et descenduz de la susdicte Ameline, à laquelle lors de son mariage ledict Guérin, son père, auroyt baillé les héritages cy-dessus mentionnés, que de icelle Ameline estoit issu une fille nommée Jehanne, mariée à messire Mathieu de Trie, que des dicts Mathieu de Trie et Jehanne étoient issuz messire Regnault de Trie, Jehan de Trie et Marguerite de Trie, dame du Boullay, laquelle auroyt succession de ses dicts frères et leur auroyt succédé audict Esclimont, et depuis estant décédée sans enfants, luy auroyt succédé chaqu'un pour sa 4e portion, messire Adam des Crosnes le jeune, et messire Pierre des Crosnes, enfans dudict messire Adam des Crosnes laisné, fils dudit messire Regnault, frère de la dicte Ameline, ayeulle de ladicte dame du Boulay, sans que la dicte Marguerite y succédast, pour ce que les dits héritages estoient tenus en fief et terre unique en ligne collatérale, en laquelle les filles ne pouvoyent avoir rien, y ayant masies, ainsy qu'il est gardé par la coutume du pays chartrain, et que depuis iceux Adam et Pierre des Crosnes estans décédés sans enfans, Marguerite leur seur leur auroyt succédé en la moitié du dict Esclimont, et qu'aussi auroyent succédé en chaque une part de l'aultre moitié Jehan des Crosnes, fils Guyot d'Escrosnes, et Guillaume de l'Estendart, fils de la dicte Jehanne, fille dudict messire Regnault d'Escrosnes et sœurs desdicts messire Adam et Guyot des Crosnes, cousins et héritiers en pareil degré de ladicte dame du Boulay, lesquels auroyent vendu au susdictz Charles d'Allonville et Guillaume de Languedoue leur part et portion en la terre et seigneurie dudict Esclimont, de sorte qu'ils auroyent droit à cause de ce en la moitié d'icelle et pour l'aultre moitié elle leur appartenoyt à cause de leurs femmes, comme filles et héritières de la susdite Marguerite d'Escrosnes, leur mère et qu'ils en auroyent faict la foy à Jehan de Rogueres (?), seigneur féodal dudict Esclimont ; qu'en apvril 1455, ledit Charles d'Allonville auroyt faict bastir la grange et dépendances continu les bastiments dudict Esclimont ; et de la part du deffendeur auroit esté soutenu au contraire qu'il estoit petit nepveu en ligne collatérale de ladite dame du Boulay, d'aultant que ledict messire Jacques de Trie et elle estoient frère et sœur issus de messire Loys de Trie leur père, et que dudict messire Jacques de Trie et de dame Catherine sa femme estoit issu ledict messire Philippe de Trie, leur fils, et pour lors deffendeur, et que ladicte dame du Boulay, par son déceds, auroyt délaissé le susdict massire Jacques de Trie son frère pour son seul et unique héritier, et que par arrest ledict Philippe auroyt esté maintenu en la possession et jouissance de toute la succession de la dicte dame du Boulay ; et contenant, ledict Grenet, après avoir ouy les dictes parties, les auroict appointées à coutume, et contenant, depuis leurs requestes auroient esté mises par devant honorable homme et saige messire Jehan Bauldry, licencié en loix, lieutenant général dudict seigneur bailly, lequel dès le 30 août 1470 leur auroyt assigné jour pour avoyr droict, et comme le vendredy 2 aoust 1471 lesdicts demandeurs auroyent présenté audict licencié lettres royaulx, par lesquels est mandé les recepvoir à pouvoir poser, articuler et prouver la coutume du pays chartrain estre que les héritages propres appartiennent et eschoient par succession aux plus prochains héritiers du defunct ou defuncte du costé et ligne où lesdits héritages estoient tenuz et descenduz, et par la susdite sentence, après enqueste faicte sur la dicte coustume, et veu plusieurs partages et actes, le deffendeur est condampné à laisser aux demandeurs libre la possession et jouissance du fief, lieu et terre dudict Esclimont et dépendances d'iceluy. "

Charles se distingua particulièrement dans le sillage de Louis XI, dont il fut le principal agent en pays chartrain et au delà. Sa seconde épouse (X 1459) Bertranne de Richebourg d'Orval, fille de Jean de Richebourg, , capitaine de cinquante hommes d'armes et Marguerite d'Escrones. Bertranne (1440-6 février 1508) est donc dame d'Oysonville, mais aussi d'un fief au Tremblay, près Montfort, terres qui avaient appartenu à la famille d'Éscrones. Veuve, elle vendit le Tremblay à Nicolas de Chevreuse (Nobiliaire du comté de Montfort) et en août 1479, elle transigea avec son fils aîné, le 17 mars 1500.

B.2. Les enfants de Charles d'Allonville d'Oysonville et de Bertranne de Richebourg d'Orval

Le futur commissaire Jehan d'Allonville d'Oysonville (1460-après 1484) est écuyer d'écurie du Roi, seigneur d'Oysonville. Il est mentionné dans les comptes de Jehan Le Gendre, trésorier des guerres, comme commissaire de Mrs les Maréchaux sous Mr l'Amiral, du 1er janvier 1483 à Décembre 1485. Fut fait en 1493 chambellan de Charles VIII (BNF, ms fr. 32 777, p. 141).

Marie d'Allonville d'Oysonville marié à en premières noces Pierre de Prunelé, sieur de Richarville (?- 1508) maître d'Hôtel, grand Prévôt, capitaine de la porte, et en deuxièmes noces à Jean d'Auquoy, seigneur du Fay -selon AD 45, Jean d'Aucoin, seigneur de Fay aux Loges

Jehanne d'Allonville d'Oysonville a épousé en premières noces Gilles de Bretheau, seigneur de Brainville, 1488, puis de Berthault (selon AD 45, Bertin) Le Besgue, seigneur de Heurtebise, 1508, capitaine d'Alluye)

Marie d'Allonville d'Oysonville X Robinet de Naucelles, alias Nacelles, seigneur d'Ouitreville -selon AD 45, seigneur de Guault et de Lestreville (selon Carré d'Hozier n° 502) ce Robinet fut époux en seconde noces, après Bertin, de Jeanne

Marguerite d'Allonville d'Oysonville a épousé Jehan de la Vallée. Jehan est sgr. de Gueurville (Chalo-Saint-Mard) et de Sainte-Escobille, en 1508

Simon d'Allonville d'Oysonville (1460- janvier 1533) devient seigneur d'Allonville et d'Oisonville, après son frère. grand maître des Eaux et Forêts de France, puis superintendant de la maison du duc de Longueville, comte de Dunois, Simon consentit, avec Antoine, son frère, à certain contrat de bail fait, en 1488, par Gilles de Brétheau, leur beau-frère, pour la terre d'Allonville, qui avait été donnée en mariage, en 1475, à Jeanne d'Allonville. Il partagea avec ses cohéritiers les successions de ses père et mère, le 6 février 1508. Il épousa Étiennette d'Autry en 1483 et rendit hommage de plusieurs fiefs aux mois d'avril et de novembre 1512. Simon d'Allonville, écuyer et seigneur d'Oysonville (Eure & Loir, canton de Auneau), voir AN Minutes des notaires de Paris au XVe siècle : n° 3531 (il est dit fils de Bertrande de Richebourg, en 1497), n° 3532 (il est en procès avec les religieuses de Saint-Antoine des Champs) et n° 3668 (il négocie avec les religieuses de Yerres). Simon a épousé Etiennette d'Autry (1460-14 décembre 1535), fille de Olivier d'Autry (seigneur de la Brosse Saint-Mesmin) et Catherine Giverlay, en 1483. Leurs enfants :

Florentin d'Allonville d'Oysonville, seigneur de Breau est pronotaire du Saint-Siège, grand archidiacre de Meaux. Il abandonna ses droits d'aînesse à François, son frère, en faveur de son mariage

François d'Allonville d'Oysonville, qui suit.

Jehan d'Allonville d'Oysonville

Louise d'Allonville d'Oysonville a épousé Juan de Mendoza de l'Ave Maria, maître d'hôtel du Roi

Jeanne d'Allonville d'Oysonville fut religieuse à Belhomert

Charlotte d'Allonville d'Oysonville, marié à un membre de la maison de Spoy

Marguerite d'Allonville d'Oysonville. Marguerite a épousé François de la Motte

Marie d'Allonville d'Oysonville marié en 1516 avec 1900 livres de dot, avec Jacques de Beaumaistre en 1516, seigneur d'Escorpain et de la Motte

Abbesse Suzanne d'Allonville d'Oysonville est née après 1492, abbesse du Paraclet

Antoine d'Allonville d'Oysonville, le frère de Simon (mineur en 1488-avant le 24 décembre 1492) était Seigneur d'Esclimont. Il consentit, avec Simon, son frère, à certain contrat de bail fait, en 1488, par Gilles de Brétheau, leur beau-frère, pour la terre d'Allonville, qui avait été donnée en mariage, en 1475, à Jeanne d'Allonville. Les d'Allonville étaient devenus à cette époque une puissante famille chartraine liée aux intérêts des Dunois. Antoine a épousé Louise de Chavigny, fille de Philippe de Chavigny et Marie de Melun, en 1488. Il est indiqué dans DB 13, pour Louise de Chavigny, " sœur de Claude de Chavigny, dame de Courcelles ". Dans Cabinet d'Hozier n° 7, il est indiqué que Louise est la sœur de Denise, femme de Claude de Choiseul, seigneur d'Isches, et veuve le 24 février 1502. Simon et son frère Antoine s'entendirent pour aliéner Allonville que Gilles Bretheau, leur beau-frère, donnait en louage à Philippe Bichot, bourgeois de Chartres. Ils ont eu les enfants suivants :

Françoise d'Allonville d'Oysonville (1489- ?) a épousé (1) Jacques de Saint-Pol, selon AD 45, armorial de l'Orléanais, Françoise, dame d'Esclimont, épouse du sieur de Boissy Saint-Pol près Dreux. Françoise a également épousé (2) Orland de Saint-Rémy (1495-1534) fils de Louis de Saint-Rémy et d'une Le Roy de Chavigny. Orland, alias Alain de Courseulles, seigneur de l'Isle. Grâce aux d'Allonville, les Saint-Rémy confortaient leur accès à la cour.

Edmonde d'Allonville d'Oysonville qui a épousé Philippe de Courcelles (1475-1525), fils de Louis de Saint-Rémy et d'une Le Roy de Chavigny, seigneur de Saint-Rémy, ami de Nostradamus.

Simone d'Allonville d'Oysonville (1491- ?) Simone a épousé Guillaume de Piliers (1488-1544), seigneur de Menou et fils de Jacqueline de Courseulles et de Jehan II de Pilliers (BNF DB 13, Simone est inconnue de l'armorial de l'Orléanais, AD 45). Guillaume monta vite dans les hautes sphères de l'armée, il fut fourrier du roi, guidon de Louis de Brezé (1526/30), puis devint enseigne des cent lances du maréchal-amiral Annebault et un favori de François 1er.

Leur tante, Catherine d'Allonville d'Oysonville (1460-1492) a épousé Guillaume II de Fesnière (1450-1505), seigneur de Morainville

B.3. Les d'Allonville d'Oysonville à la Renaissance

Un autre fils de Simon, François 1er d'Allonville d'Oysonville (après 1485-après 1535), seigneur d'Oysonville, de Basmeville, le Plessis, Ezeaux était premier écuyer du Connétable Charles de Bourbon, puis chevalier de l'Ordre du Roy. C'était un proche du Roi, " nourri page du roy " François 1er et gentilhomme ordinaire de sa chambre.

François 1er épousa, par contrat du 14 septembre 1528, Louise de Buz. Il partagea la succession de ses père et mère avec ses cohéritiers, le 14 décembre 1535, et laissa de son mariage, outre quatre filles, dont deux mariées dans les maisons de Beaufils et de Marvilliers, plusieurs fils. Louise de Buz était la fille du bailli Abel de Buz, seigneur de Villemareuil et Anne de Reilhac, fille de Bertrand. Ils furent mariés par contrat du 14 septembre 1528, passé devant le tabellion de Meaux. François 1er d'Allonville d'Oysonville et Louise ont eu les enfants suivants :

Marie d'Allonville (1530), femme de Jean de Beaufils, seigneurs de Villepion, d'Allonnes, de Nonneville, de Loigny et de Jumeaux et chevalier de l'Ordre.

Charles d'Allonville de Basmeville (1531-avant 24 novembre 1610), enseigne de la compagnie d'ordonnances des seigneurs de Bussy d'Amboise, devint ensuite premier échanson de François, duc d'Alençon. Charles a épousé Antoinette de Boves, fille de Charles de Boves et Madeleine de Buz, le 20 février 1594.

Jean d'Allonville, premier écuyer du duc de Nevers, capitaine et gouverneur de Senonches (1567).

Le futur Capitaine Jehan d'Allonville d'Oysonville, seigneur du Plessis Saint-Benoît, en partie. Il est mort premier écuyer du duc de Nevers. On le cite comme capitaine et gouverneur de Sénonches, en 1567.

Agnès d'Allonville d'Oysonville a épousé Mathurin de Beaufils (seigneur de Lierville)

Antoine d'Allonville du Plessis Saint-Benoit (après 1534 - 5 mai 1598) qui est à l'origine de la Branche des d'Allonville du Plessis Saint-Benoit, que nous retrouverons en E

Catherine d'Allonville d'Oysonville a épousé Charles de Marvilliers (sgr. de Viabon)

Charlotte d'Allonville d'Oysonville, abbesse de Nogent-l'Artaud

Louise d'Allonville d'Oysonville, religieuse au Paraclet et au prieuré de Champbenoît

Claude d'Allonville d'Oysonville, religieuse à Faremoutier

François II d'Allonville d'Oysonville (après 1529-1615), sieur d'Oysonville et de Vertron fut gentilhomme de la chambre du Roi et chevalier de l'Ordre. De François II d'Allonville et d'Henri IV, l'histoire nous rappelle l'anecdote suivante : " Les Quatre Épis d'Or " Oysonville, aujourd'hui petite commune de l'arrondissement de Chartres, possédait autrefois un très beau château, qui, au commencement du XVIle siècle, appartenait à messire François d'Allonville, chevalier de l'Ordre du Roi. Henri IV qui aimait beaucoup ce seigneur, vint un jour lui rendre visite à son château d'Oysonville. Après le déjeuner, François d'Allonville, ayant mené le Roi dans le parc, se plaisait à lui faire admirer les plantes rares dont il avait décoré ses plates-bandes. Henri IV s'arrêtait surtout devant les diverses espèces de rosier-, qui ornaient le parterre, et faisait compliment à son hôte sur la richesse de son jardin. Alors un laboureur du pays, nommé Cadot, le plus riche tenancier du seigneur d'Oysonville, se hasarda de dire au Roi qu'il avait de bien plus belles fleurs et en plus grande quantité, et que, si sa Majesté voulait le suivre, il serait heureux de les lui montrer. Henri IV était bon prince. Il consentit à accompagner le laboureur. Celui-ci le conduisit dans une pièce de blé en fleurs et, lui montrant les épis : " Sire, dit-il, voilà les plus belles fleurs que je connaisse. - Tu as raison, mon ami, répondit Henri, ce sont aussi celles que je préfère ". Et, de retour à Paris, le Roi envoya au laboureur quatre épis de blé en or, que les descendants de Cadot ont conservés pendant longtemps ". Ce François II d'Allonville joua un certain rôle dans les guerres d'Italie, sous Henri II, et comme l'un des chefs catholiques pendant les guerres de la ligue. Il fut chevalier de son ordre, le 26 septembre 1570, puis député de la noblesse aux États généraux d'Orléans, en 1560 et de Blois en 1588, enfin gouverneur des villes et duchés d'Étampes. Il rendit hommage, pour lui et ses frères et sœurs, le 1er avril 1557. François II épousa d'abord, par contrat du 19 octobre 1559, Jeanne du Monceau (1540-avant 1564 Château d'Oysonville), fille de François du Monceau, seigneur de Saint-Cyr et de Fontainebleau, lieutenant de la compagnie des cent gentilshommes de la maison du roi et d'Antoinette de Courtenay. Veuf, il se remaria, par contrat du 14 mai 1564, avec Jeanne de Billy (1540-14 avril 1620), dame de Vertron, fille de Louis de Billy, seigneur de Prunay, chevalier de l'ordre, et de Marie de Brichanteau, veuve de René d'Anglure, vicomte d'Estoges; et nièce de Geoffroy de Billy, évêque et duc de Laon. François II et Jeanne du Monceau n'ont eu qu'une fille, Gabrielle d'Allonville d'Oysonville, dame du Monceau, de Saint-Cyr, de Fontainebleau, en partie qu'elle vendit à Henri IV. Gabrielle a épousé Guy de Rochechouart, fils de Guillaume de Rochechouart et Antoinette de Jaucourt, en 1577. Guy était Seigneur de Chastillon le Roi et capitaine d'une compagnie de 50 hommes d'armes.

La famille de Rochechouart est une ancienne maison française, originaire de Charente et de Limousin, dont sont issues les branches de Mortemart, de Chandenier, de Saint-Amant, de Faudoas, de Jars et autres. Aimery Ier, descendant des vicomtes de Limoges, est cité en 1018. Aimery VII de Rochechouart hérita par mariage, en 1205, de la maison de Mortemart, et vers 1254, également par mariage, Jeanne de Mauléon apporta à cette famille la principauté de Tonnay-Charente. Le titre de duc de Mortemart avec la pairie fut érigé en 1650. Louis Victor Léon de Rochechouart (1788-1854), général de brigade, fit une carrière militaire au service de la France et de la Russie. AN 431 AP 1Arbres généalogiques, notes sur divers Rochechouart. Manuscrits et feuilles imprimées de l'Histoire de la maison de Rochechouart par le général comte de Rochechouart.

Gabrielle. dite dame de Monteau, touchait en 1602-1608 des rentes d'une obligation, contractée par Michel de l'Hospital le 23 septembre 1564 (BNF, P.O 962).

François II a également épousé (2) Jeanne de Billy, François et Jeanne ont eu les enfants suivants:

Claude d'Allonville, Sieur de Mauregard

Anne d'Allonville (après 1570-1645), abbesse des cordelières au Mont Sainte-Catherine les Provins. Lorsque mourut Jeanne d'Allonville, en 1636, pour diminuer les pouvoirs de l'abbesse, les cordeliers décidèrent qu'ils ne dureraient que trois ans, et à Anne d'Allonville, sœur de Jeanne, élue pourtant à une énorme majorité, ils opposèrent encore une religieuse, sur qui ils savaient pouvoir compter. Anne gouverna cependant l'abbaye pendant trois périodes successives, de 1636 à 1645. D'ailleurs, la réforme ne se fit qu'un quart de siècle plus tard lorsque eut été publié le Factum d'Alexandre Varet, vicaire général de Sens, qui dénonçait les désordres du couvent.

Baron Geoffroy d'Allonville d'Oysonville (après 1565-1599, bataille en Hongrie). Il commandait une compagnie de chevaux-légers. Il porte le titre de Baron d'Oysonville

Claude d'Allonville d'Oysonville (après 1566, Château d'Oysonville-1602 , bataille en Hongrie), sgr. de Mauregard

Etienne d'Allonville d'Oysonville, sgr. d'Ezeaux, près d'Étampes

Pierre d'Allonville d'Oysonville, seigneur de Vertron, le duc de Savoye le fit cornette de ses Gardes Françaises et gentilhomme de sa chambre. Il est mort en Savoie.

Louise d'Allonville d'Oysonville. En 1637, la veuve de Jean Hurault (petit-fils de Messire Michel de l'Hospital, chancelier de France) Louise d'Allonville, dame de Gommervillle céda ses droits et le domaine à dame Jeanne de Santeny, femme de messire Louis de Meaux, Veuve, un procès lui fut intenté par Marguerite Hurault de l'Hospital, veuve de Jean de Gontault de Biron, sgr. de Salignac, par Claire de Jesse, veuve de Pierre Hurault de l'Hospital et par André Hurault de l'Hospital, baron d'Auneux. Louise a épousé Jean Hurault de l'Hospital (1570-avant 1637), fils de Robert Hurault de Cheverny et Madeleine de l'Hospital, en 1600. Il était seigneur de Gommerville.

Françoise d'Allonville d'Oysonville a épousé Jacques Lenfant, fille de Pierre Lenfant et Glaude de Chivray, en 1609, seigneur de Chivray et de la Patrière, fils puîné.

Odette d'Allonville d'Oysonville, religieuse à Pont Saint-Maxence

Abbesse Jehanne d'Allonville d'Oysonville (après 1583-1636). Jeanne d'Allonville succédait indirectement à sa tante, Marguerite de Billy morte en 1586, laquelle avait, après un incendie reconstruit le monastère. Jeanne d'Allonville dirigea l'abbaye pendant quarante ans (Factum…), donc à partir de 1596 ou 1597. L'Histoire abrégée…ne donne à son gouvernement qu'une durée de trente trois ans, ce qui, ou bien porte la date de son entrée en fonction vers 1603, ou laisse supposer une interruption très possible de six années environ. L'abbesse d'Allonville gouverna le monastère dans des circonstances difficiles. Il s'était introduit parmi les religieuses des désordres étranges, dont les fauteurs et les complices étaient les cordeliers qui dirigeaient la maison. Ils firent donc leur possible pour écarter Jeanne d'Allonville au profit d'une de leurs créatures, et, plus tard, quand elle essaya des remèdes qu'elle jugeait nécessaires et fit venir, dans la même intention, une religieuse d'un monastère non contaminé, ils s'opposèrent à toute réforme. Lorsque mourut Jeanne d'Allonville, en 1636, pour diminuer les pouvoirs de l'abbesse, les cordeliers décidèrent qu'ils ne dureraient que trois ans, et, à Anne d'Allonville, sœur de Jeanne, élue pourtant à une énorme majorité, ils opposèrent encore une religieuse sur qui ils savaient pouvoir compter. Anne gouverna cependant l'abbaye pendant trois périodes successives, de 1636 à 1645. D'ailleurs, la réforme ne se fit qu'un quart de siècle plus tard lorsque eut été publié le Factum d'Alexandre Varet, vicaire général de Sens, qui dénonçait les désordres du couvent. Le Gallia christiana (t.XII. col.255) et Bourquelot (Histoire de Provins, t.ii,p.209) citent une abbesse d'Ossonville qui, élue en 1597, serait morte en 1636. C'est là semble t-il, un dédoublement dû à quelque mauvaise lecture, de Jeanne d'Allonville, dame d'Oysonville. Jeanne d'Allonville avait, vers 1630, dressé le cartulaire de son abbaye. Ce travail, qui fut continué après sa mort, est resté manuscrit. Il est conservé à la bibliothèque de Provins, sous le numéro 242. D'une histoire du même monastère qui aurait été écrite par Anne d'Allonville et continuée par l'abbesse Anne de Montbron, il ne reste que des fragments dans le manuscrit n.243 dans la même bibliothèque .

Une tante Marie d'Allonville d'Oysonville a épousé Jehan de Beaufils, seigneur de Villepion, d'Allonnes, de Nonneville, de Loigny et de Jumeaux.

Un autre fils de François II, le baron Jacques d'Allonville d'Oysonville, seigneur de Vertron et d'Oysonville après son frère, vendit la terre d' Oysonville. Il épousa, par contrat du 14 septembre 1591, Anne David, fille de Vincent David, président des trésoriers de France, en Champagne, et de Claude de Haut. . Il partagea avec Pierre, son frère, le 14 avril 1620. Ils ont eu les enfants suivants :

Charles d'Allonville d'Oysonville

L'intendant Edmond d'Allonville d'Oysonville, qui suit

Anne d'Allonville d'Oysonville a épousé Etienne de Halle, sgr. de l'Isle

Georgette d'Allonville d'Oysonville a épousé Jean de Mesmil, sgr. de l'Isle

François Charles d'Allonville (1620-1694) fut blessé à Steinkerque (1692). Il mourra de ses blessures en 1694.

B.4. Les d'Allonville d'Oysonville au temps de la monarchie absolue

Charles d'Allonville d'Oysonville, fils de Jacques et petit-fils de François II, seigneur de Vertron, a épousé Madeleine de Fuligny-Damas. Madeleine est née vers 1600. Parents de :

Louise d'Allonville d'Oysonville (1620). Louise a épousé Conseiller François Guyonnet, un conseiller du Roi, receveur du Taillon en la Généralité de Paris.

L'intendant Edmé d'Allonville d'Oysonville, son oncle (après 1593) fut seigneur de d'Arnancourt, de Vertron et de la Chaise. Il fit ses preuves de noblesse en 1568, devant Mr de Caumartin, délégué à cet effet. Edmond, écuyer de Vertron et de la Chaise, il servit en qualité de capitaine-lieutenant de la compagnie d'Origny en 1642. Il fut aussi intendant en Champagne, au mois de décembre 1663.Edmond a épousé Antoinette de Hérisson de Vigneux, le 6 août 1652. Antoinette est née vers 1630. Leur fils, le capitaine François d'Allonville d'Oysonville (après 1642-avant le 15 septembre 1694).

On retrouve, comme chef de corps du 11e Régiment de Chasseurs, du 10 mars 1788 au 31 mai 1790, un Baron d'Allonville d'Arnancourt.

" La cour était insatiable d'honneurs, de dignités et d'argent " Armand-François d'Allonville. " Mémoires secrets de 1770 à 1830 " cité par François Bluche, dans " la noblesse française au XVIIIe siècle ". Les d'Allonville ne reconnaissaient pas dans ce monde de courtisans, de robins et de financiers. Leur destin se jouait sur les champs de bataille au service de la France. " Il existe écrit le comte d'Allonville, les bienséances de l'âge, les bienséances de position, les bienséances de position… les bienséances forçaient les gens bien nés à ce genre de politesse qui semble s'oublier pour les autres, qui voile d'égard sa supériorité personnelle de naissance, de fortune ou d 'état qui cache à son amour propre ou ses prétentions, qui prescrit de ne pas s'abaisser trop devant les grands et ne pas s 'élever trop devant ses inférieurs.

Le capitaine François III d'Allonville d'Oysonville, fils d'Edmé (après 1642-avant le 15 septembre 1694, à Paris) fut capitaine de cavalerie, décédé des suites de ses blessures qu'il avait reçues à la bataille de Steinkerque, en 1694, lui aussi. Fils unique, seigneur d'Arnancourt et de la Chaise, il fut page du Roi, en 1674, cornette de cavalerie, en 1675. François a épousé Madeleine de Masseron d'Amboise, fille de Just de Masseron d'Amboise, seigneur de Faligny et Edmé de Baussancourt, le 14 juillet 1691.

Le Marquis Edmé d'Allonville d'Oysonville, fils de François III (15 septembre 1694-3 mars 1783) fut le premier d'Allonville à porter le titre de marquis. Officier aux gardes françaises, chevalier, seigneur d'Arnancourt, la Chaise et Féligny, il fut aussi seigneur d'Aclainville. Edme a épousé Antoinette Sauvage du Chatelier (1713-30 novembre 1793 à Féligny), fille de Pierre Sauvage du Chatelier, le 6 juin 1728 à Féligny.

B.5. Les d'Allonville d'Oysonville et la contre-révolution

Bon sang ne saurait mentir, dit le proverbe. Au temps de la ligue d'Augsbourg et de la succession d'Espagne, l'on vit des colonels de dix huit ans qu'attiraient la mort et la gloire. " L'abbé d'Hocquincourt… va quitter l'église pour se mettre dans les mousquetaires ; il ne reste plus que de lui des garçons du marquis d'Hocquincourt ; les autres ont été tués depuis dix mois. " Dangeau (Philippe de Courcillon, marquis de), " Journal "

L'aîné le Comte Armand Jean dit " le balafré " d'Allonville d'Oysonville (13 juillet 1732, à Dommartin le Saint-Père, en Champagne-24 janvier 1811, à Londres) et a été enterré fin 1811, à Saint-Pancrace. Seigneur de Verdelot, de la Roche, de Valéry, de Launay-Renault, de Reselonge, etc. en Brie, Armand entra au service en 1746, lors du siège de Mons (à 14 ans). Il " assista " aux victoires de Raucoux et de Lawfeld en 1746 et 1747. D'abord, lieutenant aux carabiniers, puis capitaine au régiment de Lameth-cavalerie, il reçut, à la bataille de Rosbach, en 1757, quinze coups de sabre, dont dix sur la tète d'où sa balafre. Relevé du champ de bataille par l'ennemi, il obtint la croix de Saint-Louis, n'étant alors âgé que de vingt-cinq ans. Je rappelle que les cordons étaient très peu nombreux sous l'Ancien Régime. En 1767, le roi le nomma capitaine de carabiniers, puis en 1770 Lieutenant-colonel d'une des cinq brigades de ce régiment d'élite. Fin 1771, il devint mestre de camp. Armand fit le reste de la guerre de Sept-Ans, comme mestre de camp ( colonel ) en second du régiment. Puis, il fut en 1776, mestre de camp général de cavalerie et ensuite mestre de camp cette fois-ci du cinquième régiment de chevau-légers, en 1779. Brigadier, le 1er mars 1780, fait maréchal des Camps et des armées du Roi, le 1er janvier 1784 ; en 1788, il reçut le commandement d'une grosse brigade de cavalerie. Mais, en 1792, Armand émigra comme beaucoup de nobles qui ne pouvaient plus se faire obéir ou voyaient leurs amis massacrés par les révolutionnaires ou emprisonnés par les conventionnels. Il combat en Flandres, au petit corps du duc de Bourbon, puis en 1794-95, avec un corps de gentilshommes portant son nom. Il commandait en émigration les gentilshommes de la province de Champagne. En 1794, il fut capitaine dans le régiment émigré de Béthisy (faute de soldats en nombre suffisant, les officiers durent en partie dégradés dans les armées contre-révolutionnaires). Mai 1795, il leva en Westphalie des troupes. Septembre 1795, commandant à Guernesey, puis au camp de Ryde, dans l'île de Wight, jusqu'à son licenciement en novembre-décembre 1796, ainsi que tous " les cadres d'Allonville ", ce corps émigré de quatre compagnies et qui comptait 240 volontaires, tous anciens officiers ou gentilshommes. Les trois premiers prirent part à la courte occupation de l'île d'Yeu, à la fin de 1795. Mal vêtus et obligés de camper et de faire le métier de simples soldats, ils s'en montrèrent outrés et quelques uns tinrent des propos " de la plus grande indécence ", d'après les Anglais. Ce qui provoqua en novembre et en décembre 1796, leur licenciement par leurs alliés. Pensionné à cinq schillings par jour, après le licenciement des cadres, le comte d'Allonville vécut en Angleterre. Cité à Londres, le 12 avril 1806, il y mourut en 1811. A la fin du XIXe siècle, on pouvait encore voir sa tombe dans le vieux cimetière de Saint-Pancrace. " Le balafré " a épousé Marie-Françoise Jehannot de Bartillat (8 août 1744- ?), fille du marquis Louis Joachim Jehannot de Bartillat, colonel d'un régiment de son nom et Jeanne Pouyvet de Lablinière, le 29 février 1764.

Tout aussi ennemi des sans-culottes, son cadet : Antoine Charles Augustin d'Allonville d'Oysonville (5 août 1735, château de La Roche Verdelot-en-Brie-10 août 1792, prise des Tuileries). Ce chevalier d'Allonville, officier dans le régiment d'infanterie du Roi, participe à la guerre de Sept Ans. Blessé à la Bataille de Fellinghauen, le 15 juillet 1761, d'une balle au cou, il fut nommé au grade le 1er mars 1780 de Brigadier d'infanterie, au régiment d'infanterie du Roi. Le 1er janvier 1784, maréchal de camp ; chevalier de Malte, en 1785, il fut de 1787 à 1789 , sous-Gouverneur de Monseigneur le Dauphin, fils de Louis XVI.

" L'honneur et le point d'honneur Mystère moral et politique insoluble ! tu vis des souvenirs et d'espérances ; tu te repais en tes chimères, et n'en es pas moins réel et puissant ! tu ne nuis à aucune vertu et peux y conduire, suppléer à toutes, tandis qu'in n'en est point qui sache te remplacer ! On est quelquefois coupable sous ton nom, mais jamais méprisable. " Cette devinette pour l'éducation du Dauphin cache la définition de l'honneur par le comte d'Allonville (1788). L'auteur voyait en chaque société un principe moteur, le patriotisme chez les Romains, la religion en Espagne, le mercantilisme en Angleterre. " Celui de la France est noble et plus éclairé : c'est le principe de l'honneur, espèce de religion nationale… patriotisme des monarchies. " Il participe de la virtus latine et des vertus chrétiennes, " prescrit impérieusement la loyauté, la foi, la délicatesse, la soumission à tous les devoirs… , et fait produire à la vanité même presque tous les fruits de la vertu. " Armand-François d'Allonville. " Mémoires secrets de 1770 à 1830 " cité par François Bluche dans " la noblesse française au XVIIIe siècle "

Antoine habitait les appartements 104 et 105, au château de Versailles, au dessus du pavillon de Monsieur. Le 8 avril 1787, le logement de monsieur le Comte de Montmorin fut attribué à MM. d'Allonville et de Pugey (un autre Sous-Gouverneur du Dauphin) Disposition A.N.O1 1802 334 et 335. Puis, le 82, fin 1787… " 28 mai 1785, le logement de monsieur de Fougières à MM. d'Allonville et de Pugey, s'ils les préfèrent aux leurs [AP 104 et 105] et ils conserveront celui qu'ils ont aujourd'hui à MM. les abbés de Corbin et Monteron. Note : ils prennent état des changements. "A.N. O 1802 351 et 352, cf . 1077, 317 et 444 Corbin N (de) Abbé instituteur du Dauphin et Monteron N Abbé instituteur du Dauphin " Notes : ils le prennent, mais demande des jalousies au fenêtres pour les grosses chaleurs de l'été. Le sieur d'Allonville à l'honneur de faire ses compliments à Monsieur d'Angivillier et de le prier de donner des ordres pour que Monsieur Loiseleur puisse visiter l'appartement de Monsieur de Fougières que Monsieur le Prince de Poix destine aux deux sous-gouverneurs de Monseigneur le Dauphin et voir s'il n'y aurait pas moyen de le rendre logeable pour deux ans en y faisant quelques changements. Réponse de Loiseleur : La demande à Monsieur d'Allonville consiste dans le reculement d'une cloison de planches sur la largeur de 4 pieds et 6 pieds de haut pour agrandir une garde-robe à chaise, dans la dépose de deux armoires pour communiquer d'une pièce dans une autre, dans le recouchement... des carreaux dans une petite cuisine et dans le blanchissement de trois pièces de le dite cuisine. Réponse de H. : j'ai cru prévenir les intentions de Monsieur le directeur général en autorisant... Monsieur à faire arranger le petit logement de Monsieur d'Allonville. " A.N.O 1802 345 " Le précédent occupant était le Comte François de Fougières, sous-Gouverneur des Comtes de Provence et d'Artois x Adelaïde de Jourda de Vaux Dame pour accompagner la Comtesse d'Artois. " Antoine était un proche de la Maison d'Harcourt. Sa famille possédait une lettre que Louis XVI lui avait fait écrire le 19 avril 1792, par devant Monsieur de la Porte, intendant de la liste civile, lui exprimant : " le regret de sa Majesté de ce que les circonstances ne permettaient pas de s'employer à l'éducation du prince royal, fonctions où il avait si bien approuvé son zèle et ses recommandables qualités, le Roi se proposant au surplus de le placer dans sa maison, connaissant tout son attachement à sa personne ". Antoine Augustin Charles d'Allonville fut tué lors du combat du 10 août 1792, au château des Tuileries, où il s'était rendu pour défendre le roi. Il fut tué en sortant du château. Nommé le lendemain, " comme mort, au roi qui l'affectionnait " ( Mémoires de M. François Hue, premier valet de chambre du roi Louis XVI, qu'il suivit dans la prison du Temple)

Le troisième frère, le Baron Jean Nicolas d'Allonville de Mellet (19 avril 1757- 2 décembre 1793, bataille de Berstheim en Alsace), colonel du régiment de Quercy-cavalerie, fut présenté à la cour et monta dans les carrosses du roi, le 17 mai 1787. On le retrouve maréchal de camp, en 1790. Il rejoignit l'armée de Monseigneur le Prince de Condé. Il se sacrifia pour sauver le duc d'Enghien, à la bataille de Berstheim, en Alsace, le 2 décembre 1793, en tête de la cavalerie noble.

Marie-Louise d'Allonville d'Oysonville (1738-1802) leur sœur a épousé le Marquis de Compiègne, second major du régiment du Roi-Infanterie, ayant rang de colonel.

Louise d'Allonville d'Oysonville (une autre fille d'Edmé) a épousé Nicolas de Ségur-Cabanac. Un officier au régiment du Roi-Infanterie. Les Ségur-Cabanac porte : écartelé au 1 & 4 de gueules au lion d'or ; au 2 & 3 d'argent plein, et pour brisure une bordure de gueules chargée de 9 besants d'or. Un officier au régiment du Roi-Infanterie. Une fille Aglae de Ségur-Cabanac (1765-1833).

B.5. Les enfants du " Balafré "

" Le balafré " et Marie-Françoise ont eu les enfants suivants :

Anne-Marie d'Allonville d'Oysonville (1780-après 1873), la cadette a épousé le comte de Mertrus Saint-Ouen, un capitaine de cavalerie.

L'aîné, le comte Armand François d'Allonville d'Oysonville (16 décembre 1764-1853 Metz), dit marquis d'Allonville fut nommé en 1778, second sous-lieutenant au régiment d'infanterie du Roi, puis en 1785 lieutenant. Major en second du régiment de l'Auxerrois, en 1788, il fut présenté à la Cour le 21 janvier 1788, avec Antoine Jean Baptiste, vicomte d'Allonville, son frère puîné. Il monte dans les carrosses du Roi, le 2 janvier 1788. Avant la révolution il fut fait chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis et chevalier de Saint-Jean de Jérusalem. Réformé en 1791, il émigra, puis fin 1791, rentra en France. En 1792, il émigra à nouveau. C'est lui qui est l'auteur de " la lettre d'un royaliste à M. Malouet du mardi 22 mai 1792 ". Il y pressait vivement son adversaire et après avoir détruit tous les sophismes il lui annonçait une crise effrayante en préparation, qu'il est pressant de devenir exclusivement royaliste ou républicain et qu'il ne sera plus possible d'échapper à son sort sous aucun subterfuge. Armand François prit part à la campagne des Princes de 1792. Fin 1792, il revient en France. Et de nouveau en 1794, émigra, avec son épouse Chartotte Levavasseur. Il devait être capitaine d'une compagnie dans des cadres de Lorge qui ne fut pas formée, mais fut nommé colonel au service du roi de France, en 1795. D'Allonville décida de retourner en France en 1795. On le retrouve commissaire des guerres adjoint, employé à l' armée d'Italie (1797/98). En juillet 1799, son épouse décéda. Il demanda sans succès à servir dans la Légion italique (1800/01). Vu ce refus en 1804, Armand se rendit en Russie où il passa une vingtaine d'années. On lui attribua la paternité du plan de Barclay de Tolly qui organisa la retraite des troupes russes dans la campagne de 1812. Nommé maréchal de camp en 1814, il revint à Paris, en 1815 et assista Alphonse de Beauchamp dans la rédaction d'un Précis biographique sur Louis XVIII. Cet écrivain publia entre autres, " les mémoires secrets de 1770 à 1830 ", que cite abondamment François Bluche dans " La noblesse française au XVIIIe siècle " (publié à Paris par Werset, 1838-45, en 6 volumes) et succéda à Alphonse de Beauchamp, dans la rédaction des " Mémoires tirés des papiers d'un homme d'Etat, sur les causes secrètes qui ont déterminé la politique des cabinets dans la guerre de la révolution, depuis 1792 jusqu'en 1815 " (Paris, 1828-1838) 13 vols. D'Allonville prétendit que Danton aurait fait enlever des joyaux (en maquillant le fait par un vol de truands). Armand a épousé (1) Charlotte Le Vavasseur (23 août 1769-juillet 1799) en 1793, la veuve de M. le baron de Béthune-Hesdigueuil. Armand a également épousé (2) la comtesse Catherine de Munnich, fille du comte de Munnich, en 1804 à Russie. L'arrière petite fille du célèbre maréchal de Munich.

Une des causes de la Révolution, selon Armand d'Allonville : Soixante dix pour cent des revenus du ministre Choiseul viennent du Roi, " la place de colonel général des Suisses et Grisons, un grand gouvernement, le grand bailliage d'Haguenau, la surintendance des postes ; ce qui lui donnait 700 000 livres de rente outre les 300 000 que la duchesse lui avait apportées. Cependant cette fortune ne l'empêcha pas de faire des dettes que le Roi daigna payer. " " Trois familles seules , quoiqu'elles ne pussent servir, dit le comte d'Allonville, ni services ni talents, recevaient environ trois millions en bienfaits annuels : c'étaient les polignac, les Noailles et les Talleyrand. " Si la faveur des Polignac est récente, celle des Noailles paraît à d'Allonville, le couronnement de deux siècles de courtisanerie : " Cette famille réunissait au commencement de la Révolution, outre des traitements pécuniaires immenses, deux duchés, deux bâtons de maréchal, deux des quatre compagnies des gardes du corps, deux cordons du Saint-Esprit… une grandesse, un régiment propriétaire, des gouvernements, ambassades et places de cour. " Le mémorialiste est indigné mais dissimule à peine une involontaire indignation envers ces " Noailles, sans cesse partagés entre deux partis de cour afin de s'y montrer au premier rang ". A ce stade il est vrai, l'état de courtisan se confond avec la plus haute virtuosité. Bref, tout ce que les d'Allonville ne sont pas, ne sont ou ne seront jamais, mais voudrait être.

Rivarol parlait souvent du bon vieux temps, " primo della Rivoluccione ", voilà ce qu'en dit d'Allonville, il est en garnison à Caen de 1778 à 1783 : " Tous les genres de plaisirs faits pour d'honnêtes gens se trouvaient réunis autour du château d'Harcourt : la promenade dans les jardins délicieux, la chasse dans des forêts très giboyeuses, la conversation avec des hommes aussi instruits que spirituels, avec des femmes aussi séduisantes par leur esprit que par leur figure ; la danse, la musique et par dessus tous les charmes de l'antique simplicité unis à ceux de l'élégance moderne. "

Leur frère le vicomte Antoine Jean Baptiste d'Allonville d'Oysonville (19 octobre 1765-septembre 1811 Londres), chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Malte, reçu de minorité, non profès entra comme sous-lieutenant au régiment d'Artois cavalerie, en 1780. Nommé capitaine au régiment de Quercy-cavalerie, en 1784, il fut comme je l'ai déjà écrit, présenté à la cour, avec son frère aîné, le 21 janvier 1788. Après la révolution, il devint major au service de Portugal. Antoine a épousé Céleste Octavie de la Bourdonnaye-Liré (1790-1851), le 3 février 1807 (famille alliée aux du Guesclin)

Un autre frère, Louis d'Allonville d'Oysonville (4 octobre 1771-28 janvier 1814 Lymington en G.B.) fut lui aussi chevalier de Malte " non profès ", reçu dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, le 10 décembre 1771, reçu de minorité, " non profès ", entra sous-lieutenant au régiment de Quercy-cavalerie, en 1787. Alexandre a épousé Fanny Dixon, avant 1808. Il est mort officier d'artillerie et a laissé un fils à Sainte-Lucie.

Le Préfet Alexandre-Louis d'Allonville d'Oysonville (18 février 1774-22 décembre 1852) fut connu sous le nom de comte Louis. Il servit en qualité d'officier dans le régiment de Loyal-Emigrant, commandé par le comte de la Châtre. Durant cette période, où il avait émigré et servi dans le régiment de Bourbon, il fut cité par le vicomte de Grouvel : " que le Maréchal de camp d'Allonville, était très actif, intelligent, infatigable, d'une humeur charmante, et sobre, partageant toutes les fatigues de ses hommes ". Il suivit l'expédition française en Égypte, en 1797. Nommé préfet du département de la Creuse, le 22 avril 1814, par Son Altesse Royale Monsieur, à l'époque de l'avènement de sa Majesté Louis XVIII, au trône, il fut nommé le 21 avril 1828 : préfet de la Meurthe publia en 1828, à Clermont-Ferrand, une dissertation intéressante sur les camps romains du département de la Somme, suivie d'éclaircissements sur la situation des villes gauloises de Samarobrivie, Bratuspance, etc. Il fut en plus conseiller d'état, officier de la Légion d'Honneur. Récapitulons, Alexandre fut préfet des départements de la Creuse, d'Ille et Vilaine, de la Somme, du Puy de Dôme et de la Meurthe. Alexandre-Louis a épousé Armande Marie-Louise d'Allonville d'Oysonville (1794-5 février 1877 Paris), fille du comte Armand François d'Allonville d'Oysonville et Charlotte Le Vavasseur, le 9 mai 1816, sa cousine, avec dispenses du Pape et de Louis XVIII.

La fille de Louise d'Allonville d'Oysonville, Aglae de Ségur-Cabanac (1765-1833) a épousé Anne Elzéar du Val de Dampierre (5 avril 1745 Château de Hans-21 juin 1792 à Hans), fils de Henry du Val de Dampierre et Marie-Claude Barbin de Broyes, en mai 1785, à Versailles. Anne Elzéar fut d'abord page de la grande écurie du Roi, en 1759, puis capitaine de cavalerie au régiment de Quercy, ensuite au régiment d 'Artois. Chevalier de Saint-Louis en 1781, lieutenant-colonel à la fin de l'ancien régime, il est massacré à 47 ans, par la " populace " en venant saluer le Roi, à son passage près de Hans, au retour du voyage de Varennes (sous les yeux du roi et de ses enfants).

B.5. Les d'Allonville au XIXe siècle

Pendant plus de 700 ans les d'Allonville d'Oysonville servirent les rois et la France, et furent seigneurs de la Beauce, mais comme plusieurs membres furent tués en affrontant les révolutionnaires avant d'avoir eu des enfants, cette branche disparaît, comme avait disparu au XVIIIe siècle celle des Louville, que nous retrouvons au chapitre suivant, puis les Plessis Saint-Benoit et nous verrons au dernier chapitre, celle des Réclainville qui s'éteignit à la mort du dernier comte, marié à mon ancêtre, et qui éleva ses enfants. Mais avant de ne plus être mentionné dans l'histoire de notre pays, les d'Allonville y figurèrent encore avec éclat une dernière fois.

Antoine et Céleste Octavie de la Bourdonnaie-Liré eurent un enfant le célèbre (en G.B., la France ne rend hommage qu'à une poignée de ses héros et toujours les mêmes) général Armand Octave Marie d'Allonville d'Oysonville (21 janvier 1809, Hanovre-18 octobre 1867, Versailles). Le vicomte débuta dans l'armée au siège d'Anvers, en 1832, comme aide de camp du général Rulhiere. Il fit partie de l'armée d'Afrique. Chef d'escadron des spahis de la province d'Alger, Armand devint en 1838, commandant des corps indigènes de la province d'Alger. On le décora de la croix d'officier de la Légion d'Honneur au combat de la Smalah d'Abd el Kader, en 1845. Il se distingua devant Bougie à l'affaire de Chéhiff, puis au combat de Bourami et à Millanah aussi. Il fut mentionné pour sa conduite brillante à la bataille de l'Isly, le 14 août 1844. Mais, rentra en France pour être colonel du 5e Hussard, en 1847 et prit part au coup d'état de Louis Napoléon. " Par d'habiles combinaisons, les chefs les plus brillants de la Nouvelle Afrique avaient été appelés à Paris. Là étaient Canrobert, le héros de Zaatcha, Marulaz, naguère colonel du 204e de Ligne et nommé général après l'expédition de Kabylie, d'Allonville, le brillant officier de cavalerie... J'ai passé hier la Journée à Vincennes chez le colonel Répon avec Canrobert, d'Allonville, Arulaz... Tout Orléansville était là " (Lettre de Saint-Arnaud - 11 septembre 1851 - correspondance tome II - P 360). Il est surtout connu , car il commanda une brigade de chasseurs d'Afrique lors de la guerre de Crimée, en 1854. Armand mérita le grade de général de division, par sa conduite pendant la charge de la Brigade légère à la bataille de Balaclava. Entre autres décorations, on le fit grand officier de la Légion d'Honneur (28 décembre 1855), commandeur de l'Ordre du Bain et grand officier de l'ordre de Medjidié. Il devint président du Comité de Cavalerie, fut élu sénateur le 31 décembre 1865 et membre du Conseil général d'Ille et Villaine. De 1855 à 1858, le grand-père de mon Grand-père, Ernest de Rambaud, jeune polytechnicien et diplômé de l'école d'état-major fut un temps son Aide de camp.

Les derniers d'Allonville :

Le capitaine Armand Joseph d'Allonville d'Oysonville (9 mai 1808- ?) vivait à Sainte-Lucie, en Amérique. Il fut capitaine au 1er régiment de chasseurs d'Afrique

Catherine d'Allonville d'Oysonville (fille d'Armand François, née après 1805, en Russie) a épousé Petro Mykolayovych Kapnist à Russie, le colonel de la Garde impériale russe.

Pierre d'Allonville d'Oysonville (mars 1821-1877) a épousé Valérie de Lauzières-Thémines, fille de Comte Jean-Baptiste Alphonse de Thémines et Adèle de Mertrus Saint-Ouen, en 1840. Leur fils, Emmanuel Armand d'Allonville d'Oysonville (15 mai 1841-1912) écrit à Dunant (fondateur de la croix-rouge)du cap Martin en 1903, au nom du Prince impérial et l'impératrice Eugénie. Cette longue fidélité de Dunant au monde du Second empire est fascinante et mérite assurément de faire l'objet d'une étude séparée. La famille s'est éteinte avec ce dernier d'Allonville.

La comtesse Armande Marie Antoinette d'Allonville d'Oysonville (1817-après 1867) a épousé le comte Frédéric des Mazis, le 5 février 1839.

C-Les d'Allonville de Louville

C.1. Les d'Allonville de Louville au moyen-âge

Avec Jehan " le jeune " d'Allonville de Louville (1360-1405), cette maison d'Allonville se divisa en trois branches sous Louis XI : les Oysonville, les Louville et les Réclainville. Jehan, écuyer et sieur de Louville la Chenard est l'auteur de la branche de Louville la Chenard. Il a épousé Catherine Le Fournier, fille de Simon Le Fournier et Marie La Giffarde, le 12 août 1386, la fille de la seconde femme de son père et du deuxième mari de celle-ci. On ne sait rien de sa fille Olive d'Allonville de Louville (après 1388-teste le 20 janvier 1469), juste qu'elle avait épousé Antoine de Gallot.

Par contre, son fils est mieux connu. Pierre d'Allonville de Louville (1387-teste 20 janvier 1469 à Louville) fut orphelin de bonne heure, il est en 1407 sous la tutelle de Jehan II son oncle, et en 1416, sous la garde d'Olive de Languedoue, belle-mère de Jehan Il, et épouse de Jehan de Gallot. Pierre, écuyer, sieur de Louville et de la maison des Carneaux fut capitaine d'Alluyes, puis prit le parti du duc de Bourgogne, comme les Languedoue et les Chenard. Il tenta de rendre Chartres aux Anglo-Bourguignons, en 1433, il était allié pour cela aux Languedoue, aux L'Aubespine et aux Villiers de L'Isle-Adam. Charles VII sut les réutiliser et on les vit très présents à la Cour dès lors. Chevalier de Rhodes, en 1449, le 20 janvier 1469 (n. s.), par testament passé à Louville, il fonda plusieurs messes à Louville, Bailleau et Saint Victor de Buton, et constitua exécuteur testamentaire Guillaume de Languedoue avec Guillaume et Jehan de Dallonville, ses fils. Il mourut peu après (car, par contrat passé à Ouarville le 3 septembre 1469, Guillaume, son fils aîné, bailla à Guillemette, sa sœur, veuve de Macé Routeau, pour son droit successif, la métairie de Louville la Chenard). Pierre fut l'âme du complot bourguignon de Chartres visant à livrer Chartres. Leur projet fut éventé en juillet 1433. Parmi les conjurés figuraient des noms célèbres : Languedoue, L'Aubespine ou Villiers de l'Isle Adam.

Pierre a épousé (1) Jeanne de Languedoue (1390-après le 20 janvier 1469), fille de Gouverneur Regnault de Languedoue et Marguerite de Beaune, le 17 août 1421. Mariés par contrat du 17-08-1420 passé devant Jehan le Breton, tabellion royal à Chartres ; pour son mariage, Jehanne recevait de son frère Jehan de Languedoue, la somme de 400 livres à condition de renoncer à la succession de ses père et mère. Pierre et Jeanne ont eu les enfants suivants :

Guillaume d'Allonville de Louville (après 1421-1474) a épousé Jeanne d'Illiers.

Pierre d'Allonville de Louville (après 1425- ?), sgr. de Perruchay, écolier à l'université de Paris, en 1454. Pierre a également épousé (2) Thibaude de Richebourg d'Orval vers 1428. Ils ont eu les enfants suivants :

Isabeau d'Allonville de Louville, née vers 1429, a épousé Mathurin Breteau, cet écuyer fut sgr. de Melliers (Illiers)

Marguerite d'Allonville de Louville, seconde épouse de Guy de Prunelé, sgr. de la Porte

Marie d'Allonville de Louville a épousé Adenet de Marolles, en 1442, seigneur de Glayres.

Guillemette d'Allonville (après 1433-après 1469) a épousé (1) Macé Routeau (1430-avant 1469). Guillemette a également épousé (2) Blanchet de Montdoucet, seigneur du Buisson.

Le commissaire Jehan d'Allonville de Louville (1422-1511 enterré église de Louville) fut sieur de Louville et des Carneaux et chevalier de l'Ordre du Roi. Il fut aussi conseiller et chambellan du roi. Il obtint du Roi à Chartres, en Juin 1481, les lettres patentes lui octroyant droit de haute, moyenne et basse justice sur les lieux et habitants de Louville la Chenard, pour élever en honneur et dignité le nom de lui et de sa lignée, cession confirmée par Louis XII, le 11 juillet 1513. Il fut commissaire des maréchaux de France, en 1481. En 1489, il portait le titre de " commissaire du Roy à faire les monstres et les reveues des ordonnances ".

Les maréchaux sont " juges et chefs de la noblesse… les principes d'honneur ont une telle influence sur les officiers que les punitions leur sont infligées sur parole de s'y soumettre… l'honneur règle et maintient le respect dû aux convenances personnelles " Armand-François d'Allonville. " Mémoires secrets de 1770 à 1830 " cité par François Bluche dans " la noblesse française au XVIIIe siècle "

C'est sans doute lui Jehan de Dalonville, le seigneur de Louville-la-Chenard, qui reçut, le 4 août 1496, de Geoffroy de La Croix, conseiller et trésorier des guerres du roi ,400 livres comme commissaire , pour ses gages de commissaire ordonné par le roi pour faire les monstres et les revues des gens de guerre de ses ordonnances sous et en l'absence de messieurs les maréchaux de France, pour l'an présent et l'an passé (BNF, P.O 963). Le 30 janvier 1499, Jehan et Madeleine de Prunelé, sa femme, par testament devant Pierre Baudry. vicaire à Louville, élisent leur sépulture en la chapelle qu'ils ont faite construire en l'église de Louville, et nomment pour exécuteur Pierre d'Allonville, sgr. du Perruchay, Guillaume de Languedoue, sgr. de Pussay, Jehan Le Vauvier, sgr. de Châtenay, et Pierre de Prunelé, prieur d'Auneau. Puis, le 04 avril 1502, Jehan, sgr. de Louville, et Jehan IV, sgr de Réclainville, qui contestait à son cousin le droit aux pleines armes que portait leur bisaïeul, prennent comme arbitres Guillaume de Villeneuve, Collas des Faveriz, Jehan de Brichanteau et Guillaume de Languedoue, lesquels, par sentence du 30 Mai, décident que le sgr. de Louville porterait les pleines armes. Jehan d'Allonville vivait le 22 juin 1510 et était décédé lors du mariage d'Étienne, son fils en 1512. Jehan a épousé Madeleine de Prunelé, fille de Hugues II de Prunelé et Guillemette de Tucé. Madeleine est née vers 1425. Elle a été enterrée à chapelle en l'église de Louville. Elle fut dame du Poussier en Dunois et était parente de Miles d'Illiers, évêque de Chartres

C.2. Les d'Allonville de Louville à la Renaissance

Jehan et Madeleine ont eu les enfants suivants :

Pierre d'Allonville de Louville (1470-25 mai 1536), tonsuré le 21 mars 1494, sgr. du Perruchay, chanoine de l'église de Chartres, où il fonda la fête Saint-Claude, moyennant 800 livres.

Guillaume d'Allonville de Louville (1470-après 1537), sgr. du Pensier et de Frouville, tonsuré le 22 mai 1500. Archer de la garde du Roy, en 1525, puis curé commanditaire de Réclainville en 1537, en 1545 il fit une transaction avec l'abbé de Saint-Père pour les dîmes de la paroisse. En 1547, une sentence de l'official condamnant les gagers (conseillers paroissiaux) à lui fournir un presbytère et des ustensiles de ménage, lit, draps, 3 nappes, 3 serviettes, marmites et chaudron. Il légua 3 minots de terre.

André d'Allonville de Louville (1470-après 1507)

Andrée d'Allonville de Louville a épousé (1) Robert de Villeneuve, fils de Symon de Villeneuve et Jeanne de Ponceaux, sgr. de Bonnelles-la-Bretesche. Andrée a également épousé (2) Mathurin de la Plaine.

Marie d'Allonville de Louville a épousé (1) Jehan de Berou, fils de Guillaume de Berou et Perrine de Gauville, en 1529, sgr. de Maigneville et également (2) Guy de Brosset (chevalier et sgr. du Parc)

Catherine d'Allonville de Louville a épousé Nicolas de Montlyard, sgr. de Melleray.

Mathurin d'Allonville de Louville, fils bâtard, tonsuré le 23 décembre 1486, avec dispense de l'Évêque.

Esmé d'Allonville de Louville (1470-avant 1538), sgr. de Louville fut confirmé dans le justice de LouviIle par lettres datées du Bois de Vincennes, de juillet 1513. Lieutenant de Mr d'Entraigues, commis pour l'arrière-ban au bailliage de Chartres, en 1521. Il vivait encore en 1532. Esmé a épousé Louise des Fiefs, fille de Macé des Fiefs et Catherine de Vaulx, le 22 décembre 1512. Ils ont eu les enfants suivants :

Pierre d'Allonville de Louville (après 1514-ap. 1549) chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, en 1549

Louys d'Allonville de Louville, sgr. du Perruchay (Saint-Victor de Buthon) a épousé Anne Lamy.

Nicolas d'Allonville de Louville (après 1517- ?), sgr. du Pensier (Saint-Cloud en Dunois). Le 26 janvier 1551, Nicolas d'Allonville était des 56 archers des 40 lances de Jean d'O, à Bergerac, Jean d'O étant lieutenant du vidame de Chartres (BNF, ms fr 25 795, f° 106) ; il figurait déjà dans cette compagnie à la revue du 14 février 1549, avec Jean d'Allonville ; ils étaient alors tous deux archers de petite paye.

Jehan d'Allonville de Louville (fils d'Esmé) (après 1513-après 1580) rendit hommage à Louville à Mme Renée de France, le 04 janvier 1538, et en 1539, du fief de la Sancterie de Chartres. Le 21 janvier 1543, il fut reçu de nouveau en foy par Mme Renée de France et le 15 octobre 1543, il prêta serment de fidélité pour sa réception de chevalier de l'Ordre. Il avait établi sa résidence à Bruyères-le-Chatel que lui avait apporté sa femme. Seigneur de Louville, reçu chevalier de l'ordre du roi le 15 octobre 1570, il avait épousé (1) Jehanne Bochan de la Rochette (1520-1566), fille de Loys Bochan de la Rochette et Charlotte David, en 1548. Elle était dame de Bruyères-le-Châtel. BNF Ms fr. 32 868 : Jean d'Allonville fait chevalier en 1580. Il était gentilhomme ordinaire du roi ; il servit sous la charge du seigneur de Pons (a priori, Pons, baron de Mirambeau, seigneur de la principauté de Mortagne). C'est sans doute lui qui, marié à Jeanne de La Rochette, eut Jeanne , vivante encore en 1601, épouse de Pierre de Fresnières*, seigneur de Morainville et de Cherpont. " Saint André Montbrun veut aussi entrer dans Toulon; mais les principaux habitants de Privas, qui y avaient cherché un asile, lui en font refuser la porte, comme au coupable auteur de leur révolte et de l'extrémité à laquelle ils sont réduits. Pressé de tous côtés par les troupes du roi, injurieusement repoussé par les siens, Saint André sent faillir enfin son superbe courage. Il descend au pied du coteau, se rend aux premiers postes de l'armée royale, demande le capitaine Louville, et sollicite la faveur de se jeter aux pieds du roi pour implorer sa clémence. Le roi refuse de le voir et le fait mettre entre les mains du grand prévôt, puis on le force d'inviter par écrit le commandant du fort de Toulon à se rendre, on l'envoie lui-même en personne. "

La génération suivante :

Jehan et Jehanne ont eu les enfants suivants :

Gilles d'Allonville de Louville (1550-1566)

Jehanne d'Allonville de Louville a épousé Pierre de Fesnières. (1755-27 juin 1650), sgr. de Morainville

Edmé d'Allonville de Louville (1557-1557)

Hélène d'Allonville de Louville (1558-?), troisième épouse de François de Molitart.

Guyard d'Allonville de Louville, sgr. de Neuvy et de Louville, en partie a épousé Françoise de Marcillac, après 1566. Leur fille, Louise d'Allonville de Louville a épousé Jean d'Authier, en 1603, le sgr de Villebéton.

Charles d'Allonville de Louville, sgr. de Neuvy-en-Beauce, a épousé Jeanne de Chambon. Leur fils, Anthoine d'Allonville de Louville est né vers 1580, mais décédé dès 1597.

Esprit d'Allonville de Louville (1554-après 1623) fut écuyer et sgr. de Louville-la-Chenard, de Levesville et de Harville. Qualifié de chevalier en 1581, par Alphonse, duc de Ferrare et comte de Chartres, il renonça à la succession de la seigneurie de la Fayne, hérité de son beau-père, le 07 avril 1588. Il était présent à Léthuin le 12 septembre 1623. Esprit a épousé (1) Suzanne de la Faigne (1570-2/071591 Louville-la-Chenard), fille de Jacques de la Faigne et Marguerite de Mézières, le 13 mai 1587. Esprit a également épousé (2) Suzanne Dubois des Cours, fille de Jehan Dubois des Cours et Marguerite de Villiers, le 22 février 1594, à Louville-la-Chenard.

Marie d'Allonville de Louville (fille d'Esmé) a épousé René de Préaulx, fils de Etienne de Préaulx et Jeanne Desrobiens, en 1546. Leur fils, le Marquis Gilbert de Préaulx est né vers 1540.

C.3. Les d'Allonville de Louville du temps de la monarchie absolue

Les enfants d'Esprit et de Suzanne de la Faigne :

Baron Jacques d'Allonville de Louville (21 avril 1591 Louville-la-Chenard-1643) Baptisé 21 avril 1591 à Louville, son parrain : Guyard d'Allonville et Jeanne d'Allonville étaient son oncle et sa tante. Seigneur de Montuel et de Louville, baron d'Auvilliers, d'Encize, de Bellême, de Fémailly, de Fresnay, de Beauvilliers Jacques a épousé Geneviève Servien, fille de Ennemond Servien (sans postérité). Geneviève Servien avait eu de son premier mariage avec Pierre Baron, sgr de Coltainville, de Châtenay et de Pussay, Marguerite Baron, qui sera l'épouse de René d'Allonville, frère de Jacques.

René d'Allonville de Louville (après 1588-avril 1676), chevalier fut tout d'abord sgr. de la Rosière (La Roseraie), puis de Louville, au décès de son frère Jacques en 1643. René a épousé Marguerite Baron (1630-après 1675), fille de Pierre Baron et Geneviève Servien, le 24 novembre 1626 à Louville-la-Chenard. Marguerite vivait chez son fils en 1670. Marraine le 05 mai 05 1675, de François " le jeune ", de Laval, dit Fanchon (' 24.06.1668), elle est citée ainsi : " dame Marguerite Baron, veuve de feu René d'Allonville, en son vivant chevalier, seigneur de la Rosière, qui a déclarée ne sçavoir signer estant privée de la veüe ". René et Marguerite ont eu : Jacques d'Allonville de Louville qui suit.

Les enfants d'Esprit et de Suzanne Dubois des Cours

Esprit d'Allonville de Louville (28 août 1595 Louville-la-Chenard)

Pierre d'Allonville de Louville (1er décembre 1596 Louville-la-Chenard), sgr de Verville, a épousé Angélique Sachet. Ils ont eu :

Jacques d'Allonville de Louville (26 juillet 1646 Levesville-la-Chesnard), parrain Jacques d'Allonville, sgr de Louville.

Jacques d'Allonville de Louville (fils de René, petit-fils d'Esprit) 1628- 19 août 1707 Louville-la-Chenard enterré en 1707, à Illiers. Chevalier, sgr. de Louville et de Montuel, reçues de son oncle Jacques, en 1643, fut aussi sgr de la paroisse de Montigny-sur-Avre, relevant de Tremblay-le-Vicomte et sgr en 1658, de Herville, de Montuel et de Louville. Jacques a épousé Marie Charlotte de Vaultier de Moyencourt , fille de Charles de Vaultier de Moyencourt et Jeanne Chaillou, en 1663. Marie est née en 1646. Elle est décédée le 5 avril 1704 à Louville-la-Chenard, et a été enterrée en 1704 à Eglise de Moyancourt. " La famille Vaultier de Moyencourt était originaire de Picardie. Elle portait : d'azur à un croissant d'argent, accompagné de neuf mouchetures d'hermine rangée en orle. Devise : mieux vaut mourir que salir (Mëller). Elle remonte à Nicolas de Vaultier, archer de la garde du roi, époux de Françoise de Confite. Il est mentionné avec sa femme, dans une bulle du cardinal Saint-Pierre ès liens. (probablement le futur Jules II) du 25 août 1499. " Ils ont eu les enfants suivants :

Marie d'Allonville de Louville (après 1665-1668)

Le chevalier Jacques d'Allonville de Louville (14 juillet 1671 château de Louville - septembre 1732 Saint-Jean de Bray) servit dans la marine, puis dans l'armée. Ne se sentant pas attiré vers l'état ecclésiastique auquel, comme cadet, il paraissait destiné, il entra dans la marine et assista, en 1692, à la bataille de la Hougue.

Passé dans l'armée de terre, il devint capitaine dans le régiment du roi, en 1700, puis brigadier des armées du roi en Espagne où il avait suivi son frère. Revenu en France au bout de quatre ans, il fut pris par les Hollandais à la bataille d'Oudenarde, en 1708 (envoyé en Hollande, il fut échangé deux ans après). La paix d'Utrecht le trouva colonel à la suite des dragons de la reine. Rentré dans ses foyers, il se consacra entièrement aux mathématiques qui l'avaient toujours passionné et principalement à l'astronomie. Il allait, vers 1713, à Marseille pour un prendre exactement la hauteur du pôle et pouvoir lier ses observations à celles de Pythéas. En 1714, il devint membre de l'Académie des Sciences. Peu après, la Société royale de Londres l'honorait de la même faveur. Passionné tout jeune d'astronomie, il acquit en 1717, à la sortie Est d'Orléans, une maison de campagne au lieu-dit : " Carré " (aujourd'hui "Clos du petit Carré ", 134 avenue Charles Péguy à St-Jean-de-Braye). Il y établit son observatoire : une lunette de trente pieds de longueur, fixée sur un mât de trente-cinq pieds de hauteur. " Les curieux, écrit l'un de ses biographes, ne pouvaient le voir qu'à table. Le repas fini, il rentrait dans son cabinet. Il avait l'air d'un parfait stoïcien, renfermé en lui-même et ne tenant à rien d'extérieur, bon ami cependant, officieux, libéral… ". On le tint pour un sorcier, car les vignes vinrent à geler à Saint-Jean de Braye, alors que celles des paroisses voisines étaient épargnées. " On accusa Louville, on faillit même l'étriper ". Il fallut au savant " toute sa présence d'esprit et le secours de la police " pour éviter qu'on détruisît sa lunette ... et lui-même. Il apporta ses soins à déterminer la grandeur du diamètre du soleil, il proposa une nouvelle méthode pour le calcul des éclipses, on a de lui un certain nombre d'ouvrages : - Observations sur l'obliquité de l'écliptique, présentées à l'Académie, 1714,1716,1721 - Nouvelles tables du soleil, 1720 - Nouvelle méthode de calculer les éclipses 1724 - Remarques sur la question des forces vives, 1721-1728 - Articles contre les opinions du P.Castel, jésuite, dans Mercure de France 1720 - Eclaircissement sur une difficulté proposée aux mathématiciens par Mr le Chevalier de Louville. - Eclaircissement sur une difficulté de statique proposée à l'Académie. Mr le Chevalier de Louville

Colombe d'Allonville de Louville (31 décembre 1674 à Louville-la-Chenard-1678)

Catherine d'Allonville de Louville (29 septembre 1678 Louville-la-Chenard - après 1694) est citée comme marraine à Fresnay-L'Evêque le 22 décembre 1692. Elle devint religieuse à l'abbaye de L'Eau, le 21 décembre 1694. Appelée en religion " sœur des Anges "

Le Marquis Charles Auguste d'Allonville de Louville (18 mai 1664 Château de Louville-20 août 1731 Saint-Jean de Bray). Louville est érigé en marquisat de son temps, il fut tout d'abord capitaine au régiment du Roi infanterie, puis colonel du régiment de Lombardie. Ami de Fénelon (précepteur du duc de Bourgogne), il fut placé, en 1690, auprès du Duc d'Anjou, comme gentilhomme de la manche, il accompagna le nouveau roi en Espagne. Le Duc de Beauvillier (gouverneur du duc de Bourgogne) donna au marquis des recommandations de la plus grande sagesse. Fénelon lui donne aussi des conseils le 10 octobre 170, dans une lettre " admirable ". Chef de la Maison française de Philippe V, le premier Bourbon roi d'Espagne (de 1700 à 1703)

Le 3 novembre 1701, Louville va jusqu'à Montpellier au devant de Marie-Louise de Savoie. Il devait conseiller au Roi de rester en son royaume et de confier les affaires d'Italie à son beau-père. Le 12 novembre 1701, il vint d'ailleurs prendre des ordres de Louis XIV. " Parent du duc de Beauvillier, il défendit auprès du Roi d'Espagne les intérêts français. Sa conduite altière et son manque d'habileté envers les Espagnols le firent rappeler, en 1703. Il devint alors gentilhomme de la chambre du duc de Bournonville, puis fut attaché au Duc de Bourgogne (de 1703 au 18 février 1712) et au Duc de Berry. Gouverneur et Grand Bailly de Courtray, il reçut en 1716 une nouvelle mission en Espagne. Il devint le seigneur du château de Montuel, en 1728.

Voici ce que dit de lui le duc de Saint-Simon :

" Le duc de Beauvilliers, son parent, gouverneur du duc d'Anjou et de son frère le duc de Bourgogne, qui l'avait observé pendant tout le temps de l'éducation, l'avait recommandé au roi d'Espagne comme un homme sage, instruit, plein de ressources, digne de sa a confiance, ardent, mais droit, plein d'esprit et de sens ; une fois persuadé, rien ne le faisait démordre, et encore moins s'arrêter... C'était lui qui faisait toutes les lettres particulières à notre cour, par qui tout passait directement. Pour en parler au vrai, il gouverna le roi et l'Espagne. Saint-Simon rapporte en détail l'important service qu'il rendit au jeune roi dans l'affaire du duc de Monte-Leone, dans laquelle il déploya un tact, un dévouement et un caractère remarquables, tout étranger qu'il était et dont il fit remonter au roi l'honneur, que Louis XIV, sa cour, et bientôt toute l'Espagne, reportèrent au marquis de Louville Rappelé, en 1704, par Louis XIV, qui le fit gouverneur de Navarreins, et resté toujours chambellan de Philippe V, qui lui assura une forte pension, s'il vécut, dit Saint-Simon, avec ses amis, sans regret de sa fortune, comme si elle ne lui avait pas donné des royaumes et des cours à gouverner. Il fut aussi l'ami de Fénelon, l'ancien précepteur de Philippe V et du duc de Bourgogne, avec qui, comme avec le duc de Beauvilliers,, il s'entendait pour la conduite de la cour et des affaires d'Espagne (lettre de Fénelon au marquis de Louville, datée de Cambray, le 1er octobre 1701. Mort le 20 août 1731 , le marquis de Louville laissa deux filles de son mariage, contracté, en 1708, avec mademoiselle de Nointel, fille de M. de Nointel, conseiller d'État et ambassadeur à Constantinople. L'aînée, qui naquit en 1710, épousa le marquis de Baglion; c'est d'elle qu'est descendu M. le marquis du Roure, qui a publié, en 1818, les mémoires de son quadrisaïeul. (" Mémoires de Saint-Simon ", p. 120, 125, tome III. et lettre reproduite dans l'ouvrage de M. l'abbé Dupanloup, intitulé : " Le christianisme pour les gens du monde, et dans les Mémoires du marquis de Louville ", publiés eu 1818. "

Charles a épousé Hyacinthe Sophie Béchameil de Nointel (1690-29 janvier 1757 à Louville-la-Chenard), fille de Louis Béchameil de Nointel et Magdeleine Le Ragois, en 1708. Hyacinthe Sophie acquerra le 1 juillet 1731, la seigneurie de Coltainville, paroisse de Châtenay. Charles et Hyacinthe ont eu les enfants suivants :

Adelaïde d'Allonville de Louville rendit fois et hommages en 1733, pour les terres de la fabrique d'Ouarville, au seigneur de la Bezègue, à Villeneuve-Languedoue. Adelaïde a épousé le baron Adrien Antoine Bloquel de la Croix en 1735. (23 janvier 1697 Arras-1759). Qui était ce baron ? Il fut seigneur de Wismes (au diocèse de Saint-Omer) où il demeurait. Admis au collège Mazarin, sur preuves de noblesse, en 1710, il obtint du Roi Louis XV, en Mai 1624, des L.P. en forme de charte qu'il fit enregistrer au Conseil d'Artois, et par lesquelles en considération de son ancienne Noblesse, il était autorisé, ainsi que ses descendants, à porter sur l'écu de sa famille, une couronne à 5 fleurons et à prendre pour supports deux griffons. On le retrouve admis en 1747 aux Etats d'Artois, député à la Cour par lesdits Etats et il obtint par L.P. de 1759, l'érection en baronnie de la seigneurie de Wismes. Les Bloquel de Croix en Artois porte : " d'argent au chevron de gueules, accompagné de trois merlettes de sable, 2 et 1 ".

Angélique d'Allonville de Louville (10 février 1710-septembre 1756), dame de Louville, citée le 03 juillet 1747, à Ymonville a épousé le marquis Pierre de Baglion (1700-1754) le 16 juin 1733. Seigneur de Louville par sa femme, il devint colonel et capitaine du régiment des gardes. Pierre et Angélique ont eu une fille :

Françoise de Baglion, dame de Mme la Comtesse de Provence

Françoise a épousé Denis de Beauvoir de Grimoard du Roure (1700-1780), le 24 janvier 1759. Comte du Roure, marquis de Grisac, baron des villes de Barjac, Florac, de Route, et des Etats de Languedoc, de Tenières, Seigneur de Bancoury, de la Bastide, de Virac, Saint-Brest, et autres lieux. Il fut en son temps menu de feu monseigneur le Dauphin, maréchal des camps et armées du Roi, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur des ville et citadelle de Pont-Saint-Esprit et du fait de son épouse seigneur de Louville-la-Chenard, Herville, Villiers, Dignonvilliers, Epinay, VilleneuveLanguedoue, Coltainville. Il fut aussi le légataire de la duchesse de la Force. Denis et Françoise ont eu un fils :

Scipion de Beauvoir de Grimoard du Roure, comte du Roure, descendant donc par les femmes du marquis de Louville, publia en 1818, " les Mémoires secrets sur l'établissement des Bourbons en Espagne " (extrait de la correspondance de Louville).

D. Les d'Allonville de Réclainville

D.1. Les D'Allonville de Réclainville, à la fin du moyen-âge

Nicolas alias Colin d'Allonville de Réclainville (1405-1483) est le premier Réclainville. Cette maison on l'a vu se divisa en trois branches, sous Louis XI (Oysonville, Louville et Réclainville). Il fut écuyer, seigneur de Réclainville et du Grand Coudray (1463/73) et donc auteur de la branche de Réclainville. Cette maison a été maintenue dans sa noblesse le 22 janvier 1667, sur preuves de 1370 à 1645. Nicolas a épousé Hélye de Moulart.

Ils ont eu les enfants suivants:

Le chevalier Guillaume d'Allonville de Réclainville (1430-1498) sieur de Réclainville et du Coudray, mort sans postérité, chevalier de Rhodes

Bertranne d'Allonville de Réclainville qui a épousé Jean de Richebourg d'Orval, en 1483.

Jehan d'Allonville de Réclainville (1450-1522), écuyer, sieur du Belluet, du Coudray, d'Yerville et de Réclainville, après le décès de son frère, chevalier de l'ordre du Roy fut avant tout gentilhomme ordinaire de la Chambre. Le 4 avril 1502, il ne peut plus porter les armes de son bisaïeul, car Jehan d'Allonville, son cousin lui en conteste le droit. Et celui-ci est Commissaire du roy à faire les monstres et les reveues des ordonnances... Jehan a épousé Bertranne du Monceau (1480-après 1564), fille de Jehan du Monceau et Dame Hélye du Monceau, par contrat du 27 janvier 1499, passé devant le tabellion d'Étampes. Jehan du Montceau, sieur de Saint-Cyr, de la Maison Rouge et de Hélye, promit 900 livres avec Loys de Languedoue à un membre de sa famille.

Jeanne d'Allonville de Réclainville (autre fille de Nicolas, alias Colin ) a épousé (1) Hector des Marais, fils de Mathieu des Marais, en 1488, sieur de Thionville.

Hector et Jeanne ont eu les enfants suivants: Seigneur Guillaume des Marais, né après 1489, seigneur de Morisée et de Fréville, en partie

Jeanne a également épousé (2) Gilles Le Maréchal, fils de Gilles Le Maréchal et Jacquettes de Harville, en 1495. Celui-ci, sieur de Vovelles (Dammarie). Ils eurent Guillaume Le Maréchal (né après 1496).

D.2. Les D'Allonville de Réclainville, à la Renaissance

Jehan et Bertranne ont eu les enfants suivants :

Jacques d'Allonville de Réclainville est né après 1502.

Claude d'Allonville de Réclainville (1503-1574), sieur du Belluet (1536/74)

Madeleine d'Allonville de Réclainville a épousé Florentin Le Mareschal, sgr d'Orphin

Catherine d'Allonville de Réclainville a épousé Jean de Perronin, seigneur de Mesfosses

Guillaume d'Allonville de Réclainville, curé de Réclainville

François d'Allonville de Réclainville, né après 1507.

Nicolas II d'Allonville de Réclainville (1500-1553), Ecuyer et sieur de Réclainville et du Grand Coudray (1532/53) Marié par contrat du 12 juin 1524 à Louville-la-Chenard, devant Philippe ROSSARD, prêtre tabellion. Nicolas a épousé Marguerite de Morainville, fille de Gervais de Morainville et Jeanne des Fiefs.

Ils ont eu les enfants suivants :

Jehanne a épousé Louis de Reviers, fils de Jean III de Reviers, en 1559, sgr de Souzy, au bailliage d'Etampes, et de Moulineuf, homme d'armes de la compagnie de Mgr le Dauphin. Louis devint le chef de la branche des Reviers-Souzy. Anne d'Allonville de Réclainville (après 1529-après 1604). Elle est citée comme veuve, le 09 septembre 1604 à Sours, et comme marraine, le 19 octobre 1604 à Gommerville. Anne a épousé (1) Nicolas de Champgirault en 1564 , sgr des Elumignons (Varize), Anne a également épousé (2) Jean de Calvy, sgr. des Loges, en la Forêt d'Orléans.

Louise d'Allonville de Réclainville

Jacqueline d'Allonville de Réclainville a épousé Abdenage de Reviers (1520-26 avril 1586), le 19 juin 1565, sgr de Mauny, près de Meaux et de Chandres, paroisse de Sours, fils de Jean III de Reviers, frère de Louis. Abdenago sera le chef de la branche des Reviers-Mauny. Le Mariage se fit par contrat du 19 juin.1565, passé devant Hérieu, notaire à Marville. Abdenage était un descendant de Néel, seigneur de Néhou, né vers 930. Il reçut 600 livres pour amortissement d'une rente par Jacques de La Barre, gentilhomme de la maison du roi (BNF, Cabinet d'Hozier n° 61, acte du 8 février 1583 par Me Guillard, notaire à Houville, bailliage de Chartres). Abdenage et Jacqueline ont eu un fils Henri de Reviers qui a épousé Geneviève d'Isis, le 23 juin 1602.

Un oncle de tous ces d'Allonville de Réclainville de la Renaissance Jehan (150l-1567), sieur du Grand Coudray (1555-1559) fut homme d'armes avec Jacques d'Allonville, archer, dans la compagnie de 80 lances de Bourbon Saint-Pol (revue de Parthenay du 14 juin 1540). Jehan d'Allonville fut aussi homme d'armes de la compagnie de 100 lances de M. d'Orléans (5 octobre 1542, montre de Noyons). Seigneur de Réclainville, on le retrouve cité comme lieutenant de la compagnie de 30 lances d'Adrien de Gallot, seigneur de La Fontaine la Guyon (revue de Celle, le 29 janvier 1569). Jehan a épousé Françoise du Plessis, fille de Loys du Plessis. Ils ont eu les enfants suivants : Yolande d'Allonville de Réclainville qui a épousé Mathurin de Cosne, seigneur d'Andeville et du Belluet Félicie d'Allonville de Réclainville qui a épousé Catherin de la Forêt, seigneur de la Forêt et de Spoy (Civry en Dunois)

Le fils le plus connu de Nicolas II est le gouverneur Jehan II d'Allonville de Réclainville (après 1526-1597). Seigneur de Réclainville, du Grand Coudray (1572-1599), de Bierville et de Maisonneuve, il fut tout d'abord lieutenant à la compagnie de gendarmes Fontaine la Guyon, puis chevalier de l'ordre du roi, un des cent gentilshommes de la chambre. Il joua un rôle important dans le pays chartrain pendant les guerres de religion, en étant du côté de la Ligue. En février 1568, en qualité de lieutenant du sieur d'Eguilly dans le gouvernement de Chartres, il défendit énergiquement cette place contre les huguenots. Nommé, en 1582, gouverneur intérimaire de la même ville, pendant l'absence de Sourdis envoyé en Italie, il réprima le pillage des gens de guerre et les exactions de quelques seigneurs du voisinage, et dispersa les réunions de protestants qui se tenaient dans la campagne. On a une lettre que lui écrivait Catherine de Médicis le 26 octobre 1587, où la reine lui demandait de réquisitionner les blés des environs et de les faire amener à Chartres afin qu'ils ne puissent servir aux ennemis. Il était, dit-on, particulièrement estimé d'Henri III et de Catherine. On aurait même conservé jusqu'en 1792 en l'étude du notaire Gibé, une correspondance qu'il entretint avec la reine-mère. Cependant, après la journée des barricades, lorsque Henri III vint résider à Chartres, sans doute le sieur de Réclainville était déjà acquis aux ligueurs, puisqu'on le voit refuser au roi d'user de son influence et de faire élire aux Etats de 1588 Jacques d'Angennes, sieur de Maintenon, dont le frère était protestant.

Lors du siège de Chartres en 1587, l'émoi avait été grand lors de la marche à travers la Beauce des troupes de Reîtres, arrêtées aux portes de Chartres par la victoire remportée à Auneau par le Duc de Guise. Désireux, encore une fois, de recueillir des " épaves " du désastre des Allemands, les Chartrains conduits par Jean d'Allonville, allèrent déterrer et ramenèrent à Chartres, deux pièces d'artillerie, ou gros pétards, que les vaincus avaient enfouies avec quantités de boulets, entre Santeuil et Saint-Léger-les-Aubées. C'était deux belles pièces " chacune de 6468 livres, jetant des boulets de 22 livres. En l'une d'icelle estoit empreint un lion, en l'autre une lionne avec les armes du Danemark. " Henri III qui les vit à l'un de ses voyages à Chartres, les trouva à son goût et les amena à sa suite. Vers ce temps-là, Sourdis étant de retour, Jean d'Allonville reprit ses fonctions subalternes de lieutenant. Mais, après l'assassinat des Guises (23 décembre 1588), soit qu'il fût indigné du crime commis, soit, comme semble l'insinuer Palma Cayet, qu'il ait voulu comme d'autres lieutenants-gouverneurs profiter de l'occasion pour supplanter son chef, il se rangea résolument, avec la plupart des bourgeois de Chartres, parmi les ennemis du roi. Sur la demande des Chartrains, il reçut du duc de Mayenne le gouvernement de la ville. Son premier acte fut de sauver Sourdis que le duc voulait faire décapiter, puis il obligea le reste des habitants à jurer l'union, fit chasser les huguenots de la ville, en fit emprisonner quelques-uns et défendit énergiquement la place contre les troupes d'Henri III. Aussi le roi, le 20 juillet 1589, rendit-il un arrêt contre le gouverneur et sa famille, comme coupables de lèse-majesté. Quand Henri III fut assassiné, Jean d'Allonville refusa de reconnaître Henri de Béarn comme roi de France. Cependant, il se trouva à Chartres des ligueurs qui l'accusèrent de tiédeur et même de trahison. On prétendait qu'il avait, par négligence, laissé prendre un lieutenant que lui envoyait Mayenne. On lui reprochait d'avoir relâché un royaliste prisonnier. Il y eut contre lui des émeutes. Il dut céder le gouvernement à Babou de la Bourdaisière, que Mayenne accepta à la condition qu'il prendrait les conseils du sieur de Réclainville. La Bourdaisière ne le fit pas et bientôt les habitants regrettèrent d'Allonville qui, tout en servant la Ligue, ménageait leurs intérêts. En février 1591, Henri IV mit le siège devant Chartres, parmi les défenseurs de la place se trouvaient Jean d'Allonville et ses enfants. Cette fois, la ville se rendit après une assez longue résistance, et d'Allonville fut un de ceux qui protestèrent contre la capitulation. Engagé par serment avec ses autres défenseurs à mourir pour leur religion, disant que : " la couronne de France n'appartenait qu'à un roi catholique; que s'il (Henri IV) avait eu cette qualité, on lui aurait porté les clefs de la ville, comme au légitime prince. " Quelque temps après, le 19 janvier 1593, il fut désigné pour représenter aux Etats généraux les ligueurs nobles des pays du Centre : Anjou, Touraine, Maine, pays Chartrain, etc.., qui s'étaient réfugiés à Orléans. Il fut admis aux Etats le 25 mai. L'auteur d'une biographie de Jean d'Allonville, dans : " Les Hommes illustres de l'Orléanais " ajoute d'après le Cours d'histoire de France par A.Mazas (t.III, p.71) cette anecdote tout à la louange de son héros. Après la conversion d'Henri IV, d'Allonville est gouverneur de Blois, pour la Ligue. Henri IV essaie de l'acheter : " Aujourd'hui, répond-il, le roi est catholique, je lui dois obéissance et service de sujet, comme j'ai dû le lui refuser avant sa conversion. Ce service n'est pas de nature à être ni vendu, ni acheté. " C'est la paraphrase assez laborieuse du mot célèbre de Lhuillier, le prévôt des marchands de Paris, au gouverneur Brissac : " Rendre et non pas vendre. " D'autre part, la ville de Blois n'avait jamais été ligueuse, et Henri IV y était entré avec apparat, cinq mois avant son abjuration, le 19 février 1593. Il fit son testament en 1597, on ne peut dire l'année de sa mort. Jean s'était marié par contrat du 05 novembre 1560 devant Nicolas Petit, substitut au lieu de Marolles sous Guillaume Prieur, tabellion à Montlhéry, à Marie de Mesmes, Jehan IV d'Allonville sera cité comme parrain le 24 février 1571 à Beauvilliers et en 1581 à Gommerville, lors d'une donation de cinq boisseaux de terre champtier. Jehan d'Allonville de Réclainville a épousé Maria de Mesmes de Marolles (1540- 6 avril 1631 Gommerville), fille de Philippe de Mesmes de Marolles et Madeleine Berthole, le 5 novembre 1560 à Marolles. Elle survivra de longues années après le décès de son mari et elle sera inhumée le 06 avril 1631 dans l'église de Gommerville, devant l'autel Saint-Claude et Saint-Fiacre. Les Mesmes de Marolles furent présentes à la Cour, jusqu'en 89, ils portent : " D'argent au chevron d'azur, accosté de trois canettes de sable, becquées et membrées de gueules, 2 en chef et 1 en pointe ".

La Cour en 89 : " L'habitué de l'œil de bœuf, retrouvait encore dans cette brillante anti-chambre du plus servile orgueil toute l'importance des superbes niaiseries de cour , savoir des vieux, études des jeunes, triomphe des sots, idoles de tous ; mais la Cour n'était plus le modèle et le guide de la ville ou des provinces. " Armand-François d'Allonville. " Mémoires secrets de 1770 à 1830 " cité par François Bluche dans " la noblesse française au XVIIIe siècle "

Mais en 1560, Maria de Mesmes n'était que l'arrière-petite-fille d'un Jean, seigneur de Marolles en 1481, qui fit labourer et mettre en culture toutes les terres non cultivées de la région. Un " self-made-man " de l'époque, en quelque sorte et pas un courtisan.

Jehan et Maria ont eu les enfants suivants :

Charlotte d'Allonville de Réclainville (3 mars 1562 Chartres- ?) a épousé Jehan de Gombert, conseiller à la Cour du Parlement de Paris.

Louis d'Allonville de Réclainville (1561-1615 ou 1619) , chevalier, seigneur de Réclainville, vivant en 1615, il est cité le 13 juin 1606, à Sours. Louis a épousé (1) Suzanne de Hallot, fille de Philippe de Hallot et Isabelle de Morand, le 26 septembre 1576 à Houdan. (mariée par contrat du 26 septembre 1576, devant Guillaume Bonnet, tabellion à Houdan)

Les Hallot étaient seigneurs de Goussonville et d'Auffreville de 1519 à 1720. On parlait aussi du bailliage de Goussonville, voir de la prévôté royale d'Elleville Du XVe au XVIIIe siècle, cette terre a appartenu aux Hallot, qui possédait la presque totalité de la seigneurie.

Louis et Suzanne ont eu les enfants suivants :

Nicolas III d'Allonville de Réclainville (20 septembre 1585 Chartres - ?), tenu sur les fonts baptismaux par l'évêque de Thou, Raoul Le Charpentier, docteur en théologie et Charlotte d'Allonville, sa tante, il décéda jeune.

Pierre d'Allonville de Réclainville (1586-après 1660) qui suit

Louis a également épousé (2) Anne Lamy, fille de Méry Lamy et Anne de Baraton, en 1590.

Louis a également épousé (3) Françoise de Crémainville, fille de Jacques de Crémainville et Antoinette de Villebranche, en 1600. Elle était la veuve de Christophe de Maillard, sgr de la Boissière

Adrian 1er d'Allonville de Réclainville (fils de Jehan II) né après 1562, décédé en 1617 fut sgr de Bierville, en 1597. Adrian a épousé Madeleine de Maillard (1570-après 1618). Elle est citée comme veuve en 1618, lors d'une donation d'un setier de terre, au dit Champtier de Bierville. Adrian et Madeleine ont eu les enfants suivants :

Adrien II d'Allonville de Réclainville (1590-avant le 01/02/1653), sgr de Bierville en 1617, en succession de son père. Adrien a épousé (1) Suzanne de Bouzonval le 8 février 1625 à Gommerville. Suzanne est née vers 1605. Elle est décédée le 25 septembre 1629 à Gommerville, veuve de René d'Arrachapel, sgr de La Roche.

Adrien a également épousé (2) Marguerite de Douasne (1610-4 septembre 1637 à Saint-Benoist de Mérouville), le 4 février 1630.

Adrien a également épousé (3) Suzanne de Vore (1620-24 février 1651 à Neuvy-en-Beauce) vers 1640.

Adrien a également épousé (4) Suzanne de Mucet, fille de Adrian de Mucet et Marguerite Le Breton, le 1 février 1653 à Dampierre-sur-Brou.

Marie d'Allonville de Réclainville (28 mai 1599 Gommerville- ?), baptisée le 28.05.1599 à Gommerville. Son parrain était Noël Guiot, ses marraines Marie de Villezan et Claudine Roger, femme d'Antoine Laumosnier.

Anne d'Allonville de Réclainville (19 octobre 1604 à Gommerville- ?), baptisée le 19.10.1604 à Gommerville (parrain Adrian de Maillard, marraine Anne d'Allonville, veuve de Jean de Calvy, sgr des Loges). Anne a épousé François d'Assigny (1600-1657)

Daulphine d'Allonville de Réclainville (25 mars 1606 Gommerville- ?). Baptisée le 25.03.1609 à Gommerville, son parrain était Jacques Gondard et sa marraine Daulphine de Boisredon.

Madeleine d'Allonville de Réclainville (25 mars 1609 à Gommerville- ?), citée comme marraine en 1614 au baptême de Marguerite, fa René d'Arrachapel, sgr de la Roche et de Suzanne de Boussonval

Pierre d'Allonville de Réclainville, fils de Louis (après 1586 La Boissière- après 1660), écuyer, seigneur de Réclainville, demeurant à La Boissière-Ecole (Yvelines), élection de Montfort, cité à Béville-le-Comte le 05 novembre 1621, il reçut le 29 juin 1624 aveux et dénombrements d'héritages dépendant de ses fiefs des Quatre-vingts Fenêtres. Il figura dans le maintien de Noblesse de l'élection de Montfort, en 1660. Pierre a épousé Marie de Maillard, fille de Christophe de Maillard et Françoise de Crémainville, en 1628. Ils ont eu les enfants suivants :

Antoine d'Allonville de Réclainville (1634- ?) qui a épousé Juliette de Morand, fille de Charles de Morand et Jacqueline du Puy, en 1676.

Jacques d'Allonville de Réclainville (1636- ?), sgr. des Forts, a épousé Marthe de Bohan, fille de Louis de Bohan et Marguerite Mocet, le 19 septembre 1680 à Trancainville.

Catherine d'Allonville de Réclainville (1638-après 1703)

Charles Louis d'Allonville de Réclainville, fils de Pierre (20 octobre 1641 La Boissière - ?) a épousé (1) Charlotte du Gast (après 1642 Précigné Saint-Martin - avant 1681), fille de Pierre du Gast et Anastasie Lettron, le 31 octobre 1678. (après 1642 Précigné Saint-Martin - avant 1681). Ils ont eu un fils, Nicolas d'Allonville de Réclainville (après 1678- ?)

Charles a également épousé (2) Louise de la Motte de Lottainville, le 9 janvier 1681. Veuve de Louis Giboury, marchand.

Nicolas d'Allonville de Réclainville, fils de Charles (après 1678- après 1703), confirmé dans sa noblesse, en 1703, seigneur d'Aclainville a épousé Marguerite Perrier de la Chaussée, fille de Nicolas Perrier de la Chaussée et Marguerite Geuffroy, en 1712. Ils ont eu au moins un fils, né après 1712. Père à son tour de :

Louis Nicolas d'Allonville de Réclainville, seigneur du Claquier a épousé Marie Chauvin, fille de Nicolas Chauvin et Geneviève Beaufils, en 1763. Ils ont eu un fils le comte Armand Henri d'Allonville de Réclainville (1779-après 1844). Chevalier le 14 février 1816, de l'Ordre de Saint-Louis, comte et ancien officier au régiment de la Martinique. Il habitait à la fin de sa vie le château de la Hauteville, avec ses fils. Une vie toute simple de gentleman-farmer, au milieu des paysans et des artisans ruraux.

" Les philosophes titrés qui parlaient le plus hautement d'une égalité primitive n'étaient pas ceux qui cherchaient avec le moins de soins et de succès à tracer une ligne insurmontable de démarcation entre eux et leurs inférieurs ; nous dirons qu'ils la composaient de nuances si délicates dans leurs égards mutuels, de politesse si diverses dans les manières, d'un choix si particulier de gestes, d'inflexions de la voix, de prononciations, d'habitudes du corps, de locutions, d'expressions même, que ceux qui n'étaient pas rompus dès l'enfance ne distinguaient point, le plus souvent, ce qui à cet égard appartenait exclusivement aux personnages de la classe modèle. " Armand-François d'Allonville. " Mémoires secrets de 1770 à 1830 " cité par François Bluche dans " la noblesse française au XVIIIe siècle "

Le fils aîné d'Armand, le comte Henri Amédée d'Allonville de Réclainville ( 1801 - 6 septembre 1885, à Versailles), fut officier de la Garde royale, puis rentier. Henri épouse Thérèse Françoise Gaudelet d'Armenonville, fille de Jean Gaudelet d'Armenonville et Mademoiselle Groult des Rivières, sœur du général Groult des Rivières (marié à une La Fare), après 1834. Thérèse était née le 9 mars 1800, à Morlaix. Elle était veuve de Benoist de Rambaud décédée en 1834, à Mexico. Et elle avait deux enfants Ernest et Ernestine que la famille d'Allonville va élever. Courcelles indique que cette branche des d'Allonville existe encore en 1873 et vit au château de la Haute-Ville (canton de Houdan. Cette jolie bâtisse était située au milieu de 150 hectares de terres, auxquelles s'ajoutaient de nombreux bois. La famille possédait aussi 40 hectares de terres, devant la gare de Montfort-l'Amaury. Thérèse Françoise décéda en son domicile versaillais au 9, rue Neuve, le 30 mars 1877.

Ses frères André d'Allonville de Réclainville et Charles-Sulpice d'Allonville de Réclainville, nés vers 1805, habitèrent le château de la Haute-Ville, le plus jeune eut un enfant, Henri-Léon d'Allonville, né vers 1830. Ils se chargent de l'éducation des enfants de Thérèse Gaudelet, veuve d'un des ancêtres de l'auteur. Ernest de Rambaud fut élève à Polytechnique et diplômé de l'école d'état-major. Ernestine de Rambaud se maria avec un notaire avignonnais, dont presque toute la famille avait été décapité, du fait du tribunal révolutionnaire d'Orange, pour cause de fédéralisme. Sa fille se mariera avec un Gaillard de Saint-Germain et est donc l'ancêtre d'une très nombreuse descendance. A la mort des derniers d'Allonville, les Rambaud héritèrent de leur bien. Jean de Rambaud, fils d'Ernest fit cadeau des 40 hectares de terres, devant la gare de Montfort-l'Amaury à la mairie pour y construire des logements sociaux.

E-Les d'Allonville du Plessis Saint-Benoît

Antoine d'Allonville du Plessis Saint-Benoit (après 1534-5 mai 1598 Authon-la-Plaine), écuyer et seigneur du Plessis Saint-Benoît, en la paroisse d'Authon, était le fils de François 1er d'Allonville d'Oysonville, premier écuyer du Connétable Charles de Bourbon et de Louise de Buz. Antoine est l'auteur de la sous-branche du Plessis Saint-Benoit, alliée dans les maisons de Mesme, de Carnazet, de Campremy, de Bombel, de Marolles, etc., et éteinte vers l'an 1780. Fondateur de l'église d'Authon la Plaine, comme l'indique sa pierre tombale, cette prérogative fit l'objet d'un long procès, soutenu avec Catherine des Mazis, veuve d'Esprit Le Chat, écuyer, seigneur du Pavillon d'Aution, et ses enfants, qui s'était terminé le 21 août 1595 par l'arbitrage rendu par René Le Rouillé, abbé, comte de Langres, chanoine de la Sainte-Chapelle, Paul de Cugnac lieutenant de la compagnie du baron d'Ymonville-Cugnac, Estienne Foucher, sgr de Saint-Martin de Brethencourt, qui décidait que les d'Allonville,, leurs femmes et leurs descendances, étaient seigneurs-patrons de l'église d'Authon.

La dalle tumulaire d'Authon-la-Plaine mesure 1,95 m de hauteur sur 0,89 m de largeur. Elle représente un gentilhomme et une noble dame, debout, les mains jointes, et tournés ]'un vers l'autre. L'inscription gravée dans la bordure est ainsi conçue : " Cy gist Noble home Anthhoine Delanouille, escuier Sgr du Plaisis St-Benoist paroisse Dauton, fondateur dicelle egle Qi deceda le Veior de May 1598. Et damoiselle Jacqueline de Lisle femme dudit défunt ". Anthoine porte les cheveux courts et la barbe taillée suivant le goût de l'époque. Son cou est garni d'une fraise. Il est vêtu d'un pourpoint sur lequel est posé un manteau à collet en forme de pèlerine. A sa ceinture pend son épée. Ses hauts-de-chausses légèrement bouffants, sont serrés au-dessous du genou. Ses souliers sont ornés soit d'une boucle, soit d'un nœud de rubans, l'état de la gravure ne permettant pas d'ailleurs de préciser d'avantage. A ses pieds sont ses gantelets et son heaume. Cet édicule est couronné lui-même par un cartouche aux armes des Allonville, ayant pour tenants deux génies ailés se développant dans une attitude horizontale, comme s'ils volaient. Cet ensemble décoratif est complété par des armoiries cantonnées dans les quatre angles de la bordure. A gauche, celles du mari : " d'argent à deux fasces de sable, au croissant d'argent adextré en chef ", à droite, celles de la femme, " de gueules à deux léopards d'or l'un sur l'autre ", mi-parties avec celles des Allonville.

Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, Antoine a épousé (1) Madeleine de Mesmes de Marolles, fille de Nicolas de Mesmes de Marolles et Vincente de Champgirault. Ils ont eu les enfants suivants :

Jehanne d'Allonville du Plessis Saint-Benoit qui a épousé (1) Sébastien de Compreny, seigneur de Montarcy. Jehanne a également épousé (2) Antoine de Bombel, sgr de Tivemon.

Gabriel d'Allonville du Plessis Saint-Benoit, né en 1565, décédé jeune.

Charlotte d'Allonville du Plessis Saint-Benoit, dotée de 600 livres par son oncle Charles d'Allonville.

Antoine a également épousé (2) Jacqueline de l'Isle, fille de Toussaint de l'Isle et Anne Plumé, le 10 avril 1584. On peut voir toujours sur la dalle tumulaire d'Authon-la-Plaine, Jacqueline de l'Isle revêtue de ses atours de grand gala. Ses cheveux relevés sous le chaperon laissent le front largement dégagé. Son corsage est ouvert en pointe sur une énorme collerette qui s'étale en éventail. Les manches enflées aux épaules vont en se rétrécissant jusqu'aux poignets ornés de manchettes de lingerie. La taille exagérément fine contraste avec l'ampleur de la robe qui est très étoffée sur les hanches. Ces effigies sont placées sous une double arcature plein cintre, supportée par trois colonnes cannelées, avec chapiteaux d'ordre dorique. Antoine et Jacqueline ont eu les enfants suivants :

Gabriel d'Allonville du Plessis Saint-Benoit (1585-décédé jeune)

Charlotte d'Allonville du Plessis Saint-Benoit, dotée de 600 livres par son oncle Charles d'Allonville.

Antoine II d'Allonville du Plessis Saint-Benoit (1590-18 janvier 1627), prêtre

Louise d'Allonville du Plessis Saint-Benoit

Suzanne d'Allonville du Plessis Saint-Benoit, religieuse à Saint-Rémy des Landes

Pierre d'Allonville du Plessis Saint-Benoit, seigneur du Vivier est cité dans un arrêt du Parlement du 18 janvier 1627, comme héritier de son frère Antoine. Pierre a épousé Jeanne de la Garde.

Guillaume d'Allonville du Plessis Saint-Benoit, né posthume. Est cité dans un arrêt du Parlement du 18 janvier 1627 avec Louis et Pierre, comme héritiers de leur frère Antoine.

Louis d'Allonville du Plessis Saint-Benoit (autre fils d'Antoine ), seigneur du Plessis Saint-Benoît est donc cité lui aussi dans un arrêt du Parlement du 18 janvier 1627, comme héritier de son frère Antoine. Louis a épousé Marie de Quentin, le 8 juillet 1620. Ils ont eu un fils :

Louis d'Allonville du Plessis Saint-Benoit, sgr du Plessis Saint-Benoît a épousé Marie de Marolles. Ils ont eu à leur tour les enfants suivants:

Jacques d'Allonville du Plessis Saint-Benoit, sgr du Plessis Saint-Benoît qui a épousé (1) Jeanne de Sainxe, fille de François de Sainxe et Marguerite de Hallot, le 24 août 1702. Jacques a également épousé (2) Marie-Charlotte Guyonnet, dame de la Brosse Vertron. Jacques et Marie-Charlotte ont eu :

Louis d'Allonville du Plessis Saint-Benoit (9 novembre 1736 La Brosse-après 1765).

Ainsi parlait d'Allonville : La pédanterie de M. et Mme Necker, société puissante, le cercle raisonneur de Mme de Staël, l'engouement de l'anglomanie, les clubs font déserter la société des femmes. " Mais : " Qu'étais ce donc que ces merveilleux théâtres de l'amabilité la plus parfaite, que ces écoles européennes du goût, de la grâce et du ton, que ces salons où les gens que leur naissance, leur éducation, leurs relations habituelles rendaient mutuellement harmoniques se réunissaient fréquemment ? Qui pourrait peindre de manière à en en composer un tableau frappant de ressemblance la foule de ceux qui, du cercle choisi de Mme de Polignac, volaient rapidement à l'hôtel de Montmorin ; de chez les Coigny si affables, chez le très spirituel Montesquiou; de la société vraiment enchanteresse de Mme de Bourbon à celle non moins recommandable de la duchesse de Grammont ; du Luxembourg, un peu trop pédant, aux soirées si gaies du bon et cordial Berchiny ?… Il faudrait citer cent maisons plus ou moins remarquables par l'heureux triomphe de l'art de vivre, que la France enseignait à ses rivaux, empressés de l'imiter… Chez nous l'esprit errait avec grâce et légèreté sur mille objets ne s'appesantissait sur aucun, ne saisissait, pour les reproduire que cela qui pouvait plaire… J'ai vu les restes de cette antique et noble société française, où d'aimables vieillards, tels par exemple que les maréchaux de Richelieu et de Noailles, transmettaient à la jeunesse les traditions de leurs beaux jours ; où des femmes dont le temps avait flétri les traits, et non l'esprit, charmaient encore les jeunes des deux sexes, encore respectueux pour elles. Bluche voit en lui le dernier témoin d'un raffinement social dont la noblesse polie du siècle des lumières fut l'instigatrice. Et, il conclut son livre : " la noblesse au XVIIIe siècle " en affirmant que " cette aristocratie aux prétentions extrêmes, cette noblesse provocante et susceptible, cette élite en déclin devra être pardonnée : elle a inventé un art de vivre. " Hélas, Armand ne nous peignait pas que la vision d'une société idyllique : " Sortant de la messe, le Roi passe devant les chasseurs, qui lui désigne à haute voix M. le grand écuyer. Cette présentation intimide : Sa Majesté qui est peu sociable, regarde toujours sans aménité cet habit des débutants, annonciateur d'une figure nouvelle (il s'agit de la participation aux chasses royales de gentilshommes ayant fait leur preuves de noblesse. " Il ajoutait en parlant de l'attitude du Roi face au comte Boberil de Cherville, un ancien officier de marine : " Sa taille épaisse et courte, sa perruque mal peignée, la peine qu'il avait à monter et à se tenir à cheval le rendirent l'objet des plaisanteries grossières de ce monarque. Elles furent poussées si loin que tout le monde était indigné. " Louis XVI était sûrement né bon, mais deux cent ans d'absolutisme royal lui avait donné une éducation et des exemples à suivre plus que mauvais.

F. Bibliographie et liens

F.1. Bibliographie :

Des d'Allonville :

Mémoire sur l'éducation des ducs de Bourgogne, Anjou et Berry, 1696

Mémoires secrets sur l'établissement de la Maison de Bourbon en Espagne, extraits de la Correspondance du Marquis de Louville, Gentilhomme de la Chambre de Philippe V et chef de sa Maison française

Du chevalier d'Allonville de Louville: - Observations sur l'obliquité de l'écliptique, présentées à l'Académie, 1714,1716,1721 - Nouvelles tables du soleil, 1720 - Nouvelle méthode de calculer les éclipses 1724 - Remarques sur la question des forces vives, 1721-1728 - Articles contre les opinions du P.Castel, jésuite, dans Mercure de France 1720 - Eclaircissement sur une difficulté proposée aux mathématiciens par Mr le Chevalier de Louville. Eclaircissement sur une difficulté de statique proposée à l'Académie. Mr le Chevalier de Louville

Sur les d'Allonville :

P. Couturier, Unsavant beauceron au XVIIIe, le chevalier de Louville

Bulletin de la SAEL, n°69, 2e trimestre 2001, pp. 15-22

Famille de Dallonville, ou d'Allonville, Roger Durand, Versailles, mars 1910, fascicule de 20 pages, Prieur de Mondonville, tome VI.

Bibliographie sommaire :

Cours d'Histoire de France de M. Alexandre Mazas.

Dangeau (Philippe de Courcillon, marquis de), Journal Généalogie de Saint-Pol, Vicomte de Romanet, Nogent le Rotrou, 1935, (contrat de mariage de Jacques de Saint-Pol et Michelle de Naucelles). Chronologie des évêques, des curés, des vicaires et des autres prêtres de ce diocèse, diocèse de Chartres, par l'abbé Beauhaire, 1892. Châteaux en Eure-et-Loir, volume 2, Archives du diocèse de Chartres, article Saint-Germain le Désiré, page 58. Châteaux en Eure-et-Loir, volume 3, Archives du diocèse de Chartres, article Château de Villepion, page 8. Nobiliaire de France (1873), Courcelles Tome p. 336 à 342 La noblesse française au XVIIIe siècle, François Bluche Le grand livre du mois

L'espace du Roi, William R. Newton Le grand livre du mois

Le duc d'Enghien, Jean-Paul Bertaud Le grand livre du mois

Louis XIV, Jean-Christian Petitfils Perrin

Dictionnaire biographique et historique des hommes marquants de la fin du dix-huitième siècle : et plus particulièrement de ceux qui ont figuré dans la Révolution française. Edition de Londres

F.2.Liens :

Sur les d'Allonville et les familles alliées
http://poirier.valveri.free.fr/nobles_ancetres/index.html

Sur le Plessis Saint-Benoît
http://dourdan91.free.fr/secteur.pastoral/villages/v-plessis/page.html

Worcester Art Museum - Le portrait de Charles-Auguste d'Allonville
http://www.worcesterart.org/Collection/European/1980.35.html

Sur le général d'Allonville en Crimée(sites anglophones)
http://www.kelsey-family.demon.co.uk/backgrnd/orders.html
http://www.xenophongi.org/crimea/war/balaklava/balakrus.htm

Quelques autres biographies écrites par Guy de Rambaud

Sur le corsaire et ministre Georges Pléville le Pelley :
http://www.histoire.org/revolutionfr/articles/le_pelley/le_pelley.htm

Sur l'amiral Villaret-Joyeuse :
http://www.histoire.org/1empire/persos/louis_thomas_villaret_de_joyeuse.htm

Sur le capitaine Furmeyer, Gouverneur du Haut-Dauphiné :
http://www.histoire.org/divers/articles/guerres_de_religion/furmeyer.htm

Sur le maréchal de Munnich :
http://www.histoire.org/russie/biographie/munnich.htm
Les Rambaud, des bords de l'étang de Berre à Versailles :
http://camoin.multimania.com/jacquesrambaud.html
Sur le prince de Poix :
http://jarnou.free.fr/ablain.htm
Sur Agathe de Rambaud, née Mottet, Attachée à la personne du Dauphin Charles-Louis de Normandie
http://www.histoire.org/revolutionfr/articles/rambaud/agathe_de_rambaud.htm



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